Taverne de l'imaginaire

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 Les Traces

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elymahoo
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MessageSujet: Les Traces   Dim 10 Juil - 18:04

Le calme régnait à présent autour d’elle. Le matin allait bientôt s’étirer et il était temps de rentrer au campement. Une fois n’était pas coutume, elle n’avait rencontré âme qui vive de toute la nuit.
Elle avait pu contempler la beauté de la nuit, redécouvrir chaque parfum et ces bruits si mystérieux qui la séduisaient tant.

Au détour d’un chemin, elle avait surpris un magnifique ours-chien, qui avait brusquement arrêté sa ronde aux sons de ses pas. La jeune fille demeura des heures, tapie dans un buisson, n’ayant aucune envie de déranger cet animal, ou d’être épinglée à son tableau de chasse.
C’était vraiment une bête magnifique, dont le corps élancé lui donnait l’apparence d’un chien. En l’observant de plus près, cependant, on remarquait des membres très courts et des pattes similaires à celles d’un ourson. Ely contemplait sa tête, savant métissage entre l’ours et le chien. La forme de son crâne ressemblait à celle d’un chien, mais la dentition que cette bête laissait entrevoir, ne laissait aucun doute sur les morsures qu’elle était capable d’infliger aux intrus.
L’ours-chien devait être repus, car il n’essaya pas d’approcher la jeune fille. Il semblait simplement la tenir à distance, couché au coin d'un arbre, le regard fixé sur son buisson. Ils demeuraient chacun immobiles, sur leurs gardes, se surveillant mutuellement, à la lueur de la lune. Ayant oublié toutes ses potions et son bâton, Ely chercha silencieusement sa dague, dont elle ne se servait jamais, au cas où l’animal tenterait de s’approcher.
Soudain, la bête se releva brusquement, surprenant la jeune fille prête à succomber au sommeil. Elle releva brusquement les yeux et porta son regard en direction du prédateur. Ses sens soudain en alerte, elle scruta rapidement les alentours, et distingua dans le sillage du prédateur, une forme rampante qu’elle ne reconnaissait pas. Profitant de cette opportunité, la jeune fille bondit hors du buisson et s’enfuit hors du territoire de chasse de l’animal.

A présent réveillée, elle continua sa promenade nocturne, respirant chaque parfum et profitant de chaque rayon de lune qui dansait dans les feuillages et faisait briller les fleurs endormies. Sa promenade s’achevait et elle s’humectait de la bruine matinale, lorsqu’elle arriva près du campement des mages bleus. Ses pensées s’assombrirent quelques instants au souvenir du malaise qui semblait régner chez certains de ses compagnons.
Elle chassa rapidement ces pensées de son esprit, ne voulant s’imprégner en cet instant que de la beauté tranquille des premiers rayons de soleil qui se levaient derrière la colline.

Elle allait franchir le ruisseau la séparant du campement, lorsqu’elle aperçut sur la rive opposée un vieillard hésitant, qui longeait le ruisseau, s’aidant de sa canne pour battre les hautes herbes qui se trouvaient sur son chemin.

*Sans doute un ascète venu faire sa promenade matinale loin du tumulte de la journée, se dit-elle.*

Elle allait rebrousser chemin pour traverser le ruisseau plus loin afin de ne point le déranger, quand son regard s’attarda sur ses vêtements. Elle chercha dans sa mémoire pour se souvenir, mais elle ne parvint pas à mettre un nom sur cette silhouette.

Elle se rapellait bien d’un mage qu’elle avait rencontré dans son enfance et qui portait des vêtements similaires. C'était même grâce à lui qu'elle avait trouvé une famille, des amis, un abri.
Mais ce vieillard-là n’avait pas sa prestance. Ses vêtements étaient mis de travers, et sa robe ouverte laissait apparaître un tatouage étrange. Le voyant tituber au bord de l’eau, Ely rebroussa chemin, se disant qu’elle n’avait aucune envie de se frotter à un ivrogne en mal de compagnie.

Elle alla donc un peu plus loin pour traverser le ruisseau, et avant de rentrer à l'intérieur du campement, elle jeta un dernier regard derrière elle.
Le vieillard semblait l’avoir aperçue car lui aussi avait rebroussé chemin et le voilà qui marchait maintenant tant bien que mal dans sa direction.

Résignée, elle rabattit sa cape sur sa tête dans l'espoir que lui ne l'avait pas reconnue , et attendit patiemment l’inconnu, curieuse de savoir qui il était et pourquoi il avait rebroussé chemin.
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Arlequin
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MessageSujet: Re: Les Traces   Lun 11 Juil - 11:18


Toujours seul et solitaire, Phileasfogg s’adonnait à une de ses longues promenades qu’il aimait tant.

On le disait chef emblématique, dessin auquel il s’accommodait mal et dont il fuyait fréquemment l’exercice, toujours enclin à de nouvelles rencontres, opportunes ou hasardeuses, il avançait le cœur enjoué et l’œil alerte, au travers des campagnes.

De son pas, sur et déterminé, il ne vit pas les embusqués, sans doute égaré dans une pensée par trop suppliciée ou entichée.
Les voleurs aux aguets, lui bondirent sur le col et il n’eue aucun temps pour fuir ou même se protéger. L’assaut qui s’en suivi fut violent, mais l’âme intrépide, armé d’un bâton taillé, il envoya les malfrats à trépas.

Sa magie de coté, il ne lui restait que le combat à main nue, peu coutumier à cette Habileté, il sortit de la mêlée, blessé et meurtri. Boitillant, il poursuivit son chemin de cailloux, bancal et escarpé, jusqu’à la lisière d’un bois dormant et du petit matin réveillé.

De la, il aperçu à quelques métrés, une jeune magicienne, fluette et belle, toute de bleu vêtu, danseuse en trouble et apeuré. Il s’approcha, malhabile de ses blessures et reconnu la belle Elymahoo.




D’abord, craintive, à présent curieuse, elle semblait ne pas me reconnaître…

D’une rapide introspection, je ne pus que constater l’ampleur de mon allure ; loqueteux, déchiré et sale, la jambe entaillée et sanguinolente, le cuir chevelue fendu avait laissé goutter un sang qui me cuivrait le visage et entachait ma poitrine et mon habit lacéré.

Je ressemblais à un mendiant, soûlard de son état et boitillant de surcroît.

Je compris son désarrois devant l’apparence affichée, me démasquant, je m’empressais de lui conter mes mésaventures.

Trêve de racontailles, je devais présenter meilleur figure et retrouver visage humain. Je lui demandais quelque aide afin de laver les traces de batailles et soigner mes plais.

Elymahoo, toujours en sons serviteurs, accepta la situation et sans recul, de me conduire jusqu’à la rivière. Passant un bras dans mon dos, l’autre sur ma poitrine abîmée, elle accueillie ainsi, ce qu’elle préjugea être un vieillard saoul et nous partîmes, appuyé l’un sur l’autre, en tandem bancal.

Arrivée aux abords de la rivière, je me séparais de ma tutrice heureusement rencontré et reculais d’une enjambée.

Je retirais mon habit déchiré, dévoilant définitivement ce tatouage maudit qui bardait mon torse.
Encore encapuchonnée, Elymahoo laissa apparaître une joue empourprée, dans un geste bienveillant, je me retournais pour ne plus gêner la bienfaitrice, de ma nudité.
Eparpillant mes derniers vêtements, je plongeais dans l’eau calme de la rivière, lavant les affronts de mes embusqués en halos rougeoyants.

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elymahoo
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MessageSujet: Re: Les Traces   Lun 11 Juil - 18:41

Amusée, Ely le regarda retirer ses vêtements et plonger dans l’eau matinale. Elle ne put s’empêcher de rire sous cape. Il ne voudrait certainement pas se l’avouer, mais les années ne faisaient pas de lui du très bon vin. Les soucis sans doute...

Pour l’heure, bienveillante, elle ramassa les lambeaux éparpillés, en fit un tas au bord de l’eau, et s’assit à côté, attendant patiemment qu’il ait fini sa toilette sanguinolente.

Ne sachant que faire, elle fouilla les poches du mage, dans l’espoir d’y dénicher quelque fiole intéressante. Sa main dénicha quelques vieilles fioles dont le contenu lui sembla suspect, des parchemins jaunis par le temps, ainsi qu’une boîte de préservatifs usagés, et un guide sur les massages thaïlandais….
Bref, rien de bien intéressant. Pas le moindre kit de survie, ni de traité sur les origines de l’Homme. Elle remit discrètement ses découvertes dans ses poches et concentra son regard sur cet homme tant adulé, il n'y avait pas si longtemps encore.

*Ne pas se moquer, surtout ne pas se moquer, se disait-elle, en pouffant de rire*


Il paraissait effectivement mal en point. Ses blessures saignaient toujours, et la jeune fille n’avait aucun remède sur elle. Elle se leva et regarda la végétation autour d’elle. Au bout de quelques instants, elle dénicha des touffes de plantain qu’elle s’empressa de cueillir pour faire une bouillie avec les feuilles.
Elle revint ensuite au bord de l’eau et chercha Philéasfogg…..
Il avait disparu. Pourtant ses vêtements étaient toujours à terre, roulés en boule…Elle plongea son regard au fond de l’eau, scruta les abords de la rivière, chercha des trace de sang, mais rien… Il s’était éclipsé….
Elle attendit quelques temps, puis rangea ses herbes, ramassa les vêtements et se dirigea vers le campement, quand une voix l’interpella de l’autre côté du rivage.

« Hé ho, jeune fille !!!!

Elle pivota sur elle-même et aperçut Philéasfogg de l’autre côté de la rivière, étendu au bord de l’eau sans gêne aucune.

- Mes vêtements s’il vous plaît, lui cria t’il joyeusement.

*Non mais….Pour qui se prend-il celui-là…S’il croit que je vais tremper ma robe pour lui*

Elle avait cru comprendre que depuis quelques temps, il s’amusait à donner des ordres plus ou moins saugrenus…..

- Tout de suite mon bel empereur !!! Dès que j’aurai trouvé le moyen de franchir ce lit de manière convenable. »

Il existait bien un pont permettant d’enjamber le cours d’eau, mais il se trouvait à une demi-lieue de là. Elle fit donc un saut au campement, chercha son amie Chimeric pour repriser les vêtements de son père, et s’installa confortablement pour se restaurer en attendant que la robe du mage soit réparée.

Quand ce fut fini, le soleil était déjà haut. Elle se hâta à la rencontre du mage, et le trouva finalement à la même place, le regard noir, mais toujours en tenue d’adam.
La jeune fille lui fit son plus beau sourire et lui tendit ses vêtements. Ignorant son air réprobateur, elle alla chercher un peu d’eau pour nettoyer les plaies souillées qui commençaient à sécher, sortit le plantain qu’elle avait broyé plus tôt, et l’appliqua soigneusement sur ses blessures.

« - Vous n’êtes pas très gentille de m’avoir abandonné ainsi…. Ma compagnie vous est-elle si désagréable ?
- Nullement, cher Empereur, nullement… Mais vos vêtements avaient besoin de mains expertes. Et il me semble que vous vous laissez quelque peu aller de ce côté là en ce moment. Que vous arrive t’il ? »
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Arlequin
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MessageSujet: Re: Les Traces   Mar 12 Juil - 17:48


J’avais passé une partie de cette journée à siester dans ma nudité et l’autre à observer une danse collégiale de fourmis ouvrières, toutes dévouées à leur Reine. Comportement soumis et indicible, je me demandais à quand, l’heure de révolte sonnerait et à quel moment les esclaves fourmis allaient se relever et détrôner la belle fainéante Reine.

Surpris en réflexions philosophiques sur l’existentialisme des hyménoptères , je reçus mes vêtements en pleine figure…

Décidément incompris, je me laissais soigner sans presque mot… dire. Mes blessures recouvertes d’herbier, je me contentais d’un vague sourire narquois, mais finalement charmant.

Je passais mon pantalon, ajustais ma robe puis m’assis sur un rocher pour enfiler mes bottes. J’arrangeais ma chevelure lavée de mon sang, brossant chaque mèche à travers mes doigts en gammes et dans un mouvement exercé, je rejetais la tête en arrière, la coiffure ainsi ranimée.

Frais et raccommodé, je remerciais ma soigneuse d’un mouvement de tête distant et je m’apprêtais à reprendre d’autres chemins, toujours en quête d’inaccessibles, lorsque l’effrontée me renvoya à une interrogation : « que vous arrive t-il… »

Que pouvais-je lui répondre…
Que l’Empereur, comme elle aima à me qualifier, est brisé ? Que l’âme bleue n’est plus ? Que je ne cherche ni aspire plus à rien ?

Cette question n’appelait aucune réponse, pour ma part.

Les réponses qu’elles auraient pu avoir, elles les avaient donné, elle-même, par son attitude à mon égard, sans considération mais en sarcasmes et ironie.

Ainsi va mon Empire, mon œuvre créée pour le bien, s’altérant chaque jour un peu plus. Mes compagnons prenant une administration que je me refusais à suivre, le sang de mes ancêtres dragons me brûle le cœur et l’âme en supplice je fuis vers d’autres destins.
Aucun plaidoyer ne pouvait me détourner de cette voie, sans supplique et sans retour.

A quoi bon rester plus longtemps, Elymahoo est comme les autres, sans appel.

Je me détournais d’une inclination respectueuse, ramassais les quelques affaires que je possédais, un peu de rien au fond, d’un pas lent mais déterminé, je pris au détour d’un chemin de traverse pour disparaître, dans les ombres d’une nuit approchante.


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elymahoo
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MessageSujet: Re: Les Traces   Jeu 14 Juil - 4:10

La journée s’achevait. Elle ne s’en était même pas aperçue. Quant-à lui, hautain, il se leva, un merci sur le bout des lèvres et le regard toujours aussi noir.
Elle le regarda partir lentement. Non, ce n’était certainement pas un vieillard….
Pourtant, sa démarche trahissait quelque fardeau et sans doute de profondes désillusions. Qu’y pouvait-elle en cet instant précis…. Tromper ses déboires par l’insouciance de la vie ? Le voulait-il seulement ?

Peu lui importait les sautes d’humeur du mage en cet instant précis.

Il avait disparu, sans doute fort mécontent de ses rencontres matinales. Un instant, elle songea que ce pouvait être plus que du mécontentement qu’il ressentait. Il semblait perdu à vrai dire, se fuyant sans doute lui-même.
Mais elle ne se sentait pas l’envie de lui courir après, elle-même fatiguée de son périple de la nuit précédente.
Elle écarta rapidement Philéasfogg de son esprit et rebroussa chemin en direction de l’auberge la plus proche. Elle monta à sa chambre, rangea rapidement ses affaires et s’endormit profondément.

Un pressentiment angoissant gagna peu à peu ses songes. Elle le chassa, mais il revenait, lancinant et chaque fois plus pressant. Tout son être semblait s’enfoncer dans les méandres d’une âme torturée qui lui était profondément étrangère. Aucune image, aucune sensation ne semblait vouloir guider le songe. Son sommeil sombrait peu à peu dans un dédale d’émotions machiavéliques.
Elle se sentait partir, enchaînée à cette âme tragique et secouée de spasmes enveloppants. Tout son être semblait aspiré peu à peu par cette volonté. Elle demeurait là, passive,comme engourdie et fascinée devant l’abîme de supplices qui s’ouvrait à elle. A la bouche un goût d’amertume et le corps frissonnant au contact de cette froideur vertigineuse...

Une voix en elle se mit à hurler, désespérée et intransigeante. Ely la reconnut immédiatement, terrifiée par l’intonation méconnaissable.

Fann…. Ely s’éveilla d’un coup et se jeta hors de son lit, éperdue au son de cette voix, cherchant désespérément à la situer dans son délire. Ce ne pouvait être elle.
Une petite lueur brillait de mille feux contre son cœur, bienveillante.

Un regard noir s’imposa alors à elle. Un regard noir et vide… Non pas vide de sens, mais vide d’envie et rempli d’une immense déception à laquelle elle n’était sans doute pas étrangère, pour l’avoir à présent devant ses yeux, l’inondant de tous ses doutes….

Pourquoi fallait-il qu’à chaque fois qu’une partie d’elle se sentait enfin libérée de toute astreinte, l’autre partie la renvoyait résolument et sans détour vers les autres ?

Soit !!! ….Elle essaierait de comprendre quand elle le reverrait.
Le regard accrocha de nouveau sa conscience, alors qu’elle tentait désespérément d’apaiser ses pensées afin de trouver le sommeil.
Elle savait et il semblait être au courant … Elle avait compris à la seconde même où elle avait rabattu sa cape. Une manière sans doute égoïste de refuser le fardeau, de le partager, et de l’apaiser de la sorte.

La nuit touchait à nouveau à sa fin, sans qu’elle put trouver le repos. Alors qu’elle l’avait refusé, ce regard l’avait envahie malgré elle. Une profonde tristesse l’envahit, insoutenable et ambivalente.
Elle se leva, s’habilla lentement et quitta résolument l’auberge, malgré sa fatigue. Elle remonta la rivière à l’endroit de sa rencontre, sourit au souvenir de la sieste perturbée par ses remèdes naturels, et pensa qu’elle avait encore oublié ses potions.
Le temps semblait avoir disparu et elle marcha au seul rythme de son instinct, se laissant guider par les stigmates de cette âme venue troubler sa quiétude.
Elle se trouva finalement à l’orée d’une forêt masquée de broussailles touffues et infranchissables. Une série de pierres larges et plates jonchaient le sol, formant une ligne parfaite, parallèle à la végétation épaisse.
Il se tenait là debout, le regard toujours aussi noir scrutant les sous-bois.
Elle s’approcha et s’assit sur une pierre, visiblement exténuée.

« - Pourquoi fuir ? ... Votre destin ?….Vous vous méprenez. Ce que vous fuyez ne se trouve pas en d’autres lieux qu’au plus profond de vous même. Je n’y ai pas accès, autrement que par votre volonté...
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Arlequin
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MessageSujet: Re: Les Traces   Jeu 14 Juil - 17:39


J’avais peu dormi cette nuit la, abandonné dans mes pensées, tourment d’émois et démons anciens venus du passé et renaissants au présent, me pourchassaient sans relâche, incessamment, inévitablement, je subissais assauts sur assauts, comme une poupée de paille.

Le coin de feu, préparé pour la nuit, n’avait pas suffit à me réchauffer, le froid venait d’ailleurs, d’un lieu où l’on ne se réchauffe pas. Recroquevillé sur moi même, peloté en spirale triste, le sommeil agité de ses démons la, je ne rêvais pas, je maraudais seulement les songes d’un autre, les miens trop pesants, trop harassants n’en valaient pas la pénitence.
Agité en paltoquet, les songes d’autres, ne suffirent pas à rendre un sommeil d’apaisé et lorsque les lueurs du matin naissant, vinrent flirter avec les ombres des arbrisseaux, et se refléter en ballets discordants, je me réveillais plus dépourvu encore.

L’œil accablé, j’ouvrais mes sens ensommeillés aux sons de la nature baîllante et au chant de l’oiseau en éveil engourdi. Au sein d’une Aubade d’onctuosités, d’entrechats entremêlés et apaisants, je trouvais un réconfort inattendu.
D’accords en désaccords, la nature alentour me tendait une main dont je me saisis sans chercher plus à comprendre et me levais.

Attisant le feu, je fis chauffer un peu d’eau à laquelle j’ajoutais quelques feuilles de Thé, qu’un marchand démarchant, m’avait offert en échange de la recette d’un sort, destiné au rétablissement des virilités défaillantes…
Dans l’attente de ce nectar délicieux et revigorant, humant les odeurs subtiles du levé, je me tenais droit sur mes jambes ; les yeux fermés, les bras tendus et les mains ouvertes, je me hissais, en toute humilité face à l’empyrée.

La tranquillité dérangée, une furie haletante me passa sous le nez, d’un élan décidé, pour aller s’écrouler sur le premier cailloux à sa mesure. Assise gaillardement sur son pare-chocs arrière, Ely manqua une chute maladroite, du haut perchée et se rattrapa justement, dans une confusion de gestes alambiqués, battant les airs de ses petits bras de danseuse. La singerie fut suffisamment drôle pour que je m’esclaffe un peu discrètement mais à foison…

Cet épisode mérite d’être tu et on préférera raconter qu’elle s’est assise, tout simplement !

Je me contentais d’une petite phrase assassine :

- Soit, c’est le cailloux qui est trop petit, soit c’est votre...

Décidément, j’affichais une attitude fort peu délicate et tout à fait inamicale à l’encontre de la belle danseuse. Ravisant mes mesquineries, je lui servis une tasse de thé, en guise de bienvenue matinale et lui offris un meilleur sourire.

- Pardonnez mon impertinence, mes vos services de longue durée, d’hier, m’ont quelque peu dressé le poil, envers et contre vous…

Remise en confiance et confortablement ancrée cette fois ci, elle me questionna sur mes tourments apparents. J’éludais ses sollicitations, pour mieux faire connaissance avec cette jeune luronne. Après tout, nos rencontres sont fortuits et sa venue soudaine en ma compagnie, surprenante. Je ne pouvais raconter mon intimité sans préalable plus avenant et puis, je devinais une certaine inquiétude peu coutumière, quand on la connaissait un peu.

Ely est une fort belle jeune fille, bien en allure et forte en allégresse, qu’elle transmettait sans y prêter attention, tout naturellement. Pour elle, la joie suffisait à chaque jour et la peine n’était que remise. Mais ce matin, je sentais sa joie entamée et attendri par la compassion à mon encontre, je décidais de faire plus ample connaissance.

A cet effet, je soufflais le feu, la débarrassais de sa tasse vidée et lui tendis une main accueillante dont elle se saisie, confiante. Main dans la main, nous partîmes au travers des bois, sans direction prononcée.

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elymahoo
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MessageSujet: Re: Les Traces   Ven 15 Juil - 16:36

Lasse de son errance et l’esprit vide, Ely prit le thé et le porta à ses lèvres. Il avait une saveur délicatement parfumée, et elle s’empressa de le boire. Elle en aurait bien repris une gorgée, mais le mage soudain guilleret, lui reprit la tasse d’une main et lui tendit l’autre pour la relever.
Le contact de cette main lui glaça la paume un court instant. Sur le coup, elle n’y prêta aucune attention, davantage préoccupée par l’aspect de cette forêt vers laquelle il semblait déterminé à la conduire.

Le chemin qu’ils empruntèrent était à peine visible. Le sous-bois était dévasté, jonché de branches arrachées et calcinées. Les arbres avaient été déracinées et leurs souches découvertes entaillaient le sol de cratères désolants. Le reste de la végétation s’était embrasé sous l’effet d’une folie incendiaire inexplicable. Tout était ravagé, sauvagement détruit et la nature peinait à renaître, lacérée de profonds sillons rougeâtres. Ca et là quelques plantes résistaient, éparses, tels de petits joyaux oubliés au creux de la terre meurtrie.
Médusés par le spectacle qui s’offrait à eux, ils continuèrent d’avancer, sans mot dire.
Bienveillant, il était attentif aux gestes de la jeune fille, prenant garde qu’elle ne trébuche ou se prenne les pieds dans les racines découvertes. La trouvant étrangement silencieuse, il l’observa à la dérobée.

Ely avançait, les lèvres serrées. Elle s’agrippait à sa main et ne semblait pas vouloir s’en défaire. Son visage était livide et ses yeux étincelaient d’une lueur singulière. Il ralentit son allure mais elle le pressa en avant, lui montrant une trouée au loin, où l’on apercevait une clairière verdoyante et baignée de lumière.
Au fur et à mesure qu’ils s’approchaient de l’endroit, la terre se faisait plus meuble. Leurs bottes s’enfonçaient dans le sol et ils devaient être attentifs à chacun de leurs pas. Philéasfogg s’arrêta soudain :
« - Cet endroit….Cette clairière ressemble à un marais. Revenons sur nos pas, ce n’est pas un endroit pour une promenade.
- Allons sur la droite, répondit-elle dans un souffle. »

Il l’observa attentivement. Elle n’avait émis aucun reproche, aucune raillerie. Elle paraissait à bout de force. Il voulut faire une halte, mais elle dégagea sa main et résolue, bifurqua sur sa droite.

Ne prêtant aucune attention au mage, Ely avançait à grand-peine. Ses bottes s’enfonçaient davantage à chaque pas et chaque mouvement la torturait. Elle se sentait éreintée. Ses membres engourdis lui obéissaient péniblement et elle devait lutter pour ne pas s’abandonner.
N’ayant pas la volonté de s’interroger sur sa faiblesse, elle continuait d’avancer, les yeux rivés sur un fossé faisant obstacle à un massif rocailleux.
Quelque chose la brûlait, aveuglant ses yeux, dévorant peu à peu chaque partie de son corps, emprisonnant sa conscience aux confins de sa volonté. Cette chose était là, tentant d’imposer ses supplices à la jeune fille, fermant peu à peu chaque parcelle de lucidité où elle essayait désespérément de se retirer.
Elle avait l’impression de puiser sans cesse en elle-même pour conserver une infime partie de son énergie, mais cela ne suffisait pas. Elle devait à chaque fois abandonner un recoin de son être pour contenter cette puissance inconnue.
La voie du mage lui parvint comme un écho lointain. Dans un sursaut, elle dégagea sa main et lui indiqua la destination.

En cet instant, elle se sentit vulnérable, tous ses sentiments balayés comme fétus de paille au vent. Quelque chose avait tenté de s’emparer de ses émotions, de son être et de ses repères, comme pour les inonder de souffrances et de douleurs inconcevables pour elle.

Ils atteignirent le fossé, l’enjambèrent et escaladèrent le rocher. Epuisée, Ely s’assit à même la pierre chaude et regarda son compagnon. Serein et le sourire aux lèvres, il examinait les alentours, intrigué par l’aspect dévasté de l’endroit, sans doute à mille lieues d’imaginer le calvaire qu’elle venait de vivre.
Fiévreuse, elle s’écarta de lui et alla s’abriter à l’ombre d’une butée boisée. Elle lui demanda s’il lui restait de l’eau, et elle ferma ses yeux brûlés et aveuglés par la lumière.
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Arlequin
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MessageSujet: Re: Les Traces   Sam 16 Juil - 16:33


Elymahoo paraissait épuisée et sa fatigue ne m’avait pas échappé, elle marchait sur d’elle et pratiquement m’entraînait, mais je voyais sans équivoque, un trouble que son empressement dissimulait mal.

Arrivée à une clairière sa main lâcha la mienne, elle avança titubante et s’assit presque défaillante. Je lui apporté un peu d’eau pour la rafraîchir et qu’elle se désaltère.
Elle était fiévreuse et ne m’avait rien dit, avançant sans se plaindre, gravissant chaque obstacle courageusement, notre promenade devait être un véritable calvaire dans cet état et je me détestais de l’avoir entraîné en pareils circonstances.

Je passais mes mains sous ses aisselles pour la soulever un peu et l’installer plus confortablement, le dos appuyé contre un rocher. Son corps était brûlant et transpirant ; j’ôtais mon vêtement de mage, le roulais en boule et installais ce coussinet derrière sa tête, puis je mouillé mon foulard pour essuyer et refroidir son front.
Maintenant inconsciente, mon inquiétude grandissante, je plaçais le foulard humide sur son front bouillant et la regardant tendrement, je passais une main protectrice et bienveillante sur sa joue.

J’étais inquiet, grand guérisseur, je ne sentais pas de mal organique, Ely paraissait rongée par autre chose et sa fièvre ne venir d’aucune infection.

Soudainement, sur mes arrières, une présence sournoise et menaçante me fit sursauter…

Je me retournais prestement, en face de nous, menaçait un ours-chien enragé et puissant, ses grognements me glacèrent les sangs. Je n’avais pas peur de cette bestiole furieuse, mes inquiétudes allaient vers Elymahoo, malade et affaiblie, incapable de se défendre, elle était une proie facile pour l’animal en lâcheté.
De ma magie, j’aurais pu aisément transformer la bestiole bruyante en crapaud plus silencieux ou en puce sauvage et grattouillante, mais j’avais renié mes origines et la magie avec.

Me saisissant d’un bâton traînant, je tentais d’assommer l’ours-chien d’un coup bien asséné, mais c’était sans mesurer la robustesse de l’animal et mon geste ne fit qu’empirer sa hargne à vouloir d’Ely pour son quatre heure.

Parfaitement campé sur ses pattes, vigoureux et majestueux malgré tout, les babines retroussées sur des dents acérés et tranchantes, bave dégoulinante en filé le long de ses lippes, l’ours-chien grondait de plus belle en rugissements terrifiants.
D’un bond, la bête affamée me sauta au visage et m’emporta dans son essor, je tombais bruyamment dos à terre et la bête enserra mon cou de sa mâchoire. Furie déchaînée, elle me secouait voilement et commençait à m’étouffer.

De cet infime instant, je ne vis pas ma vie défiler en quelques secondes, mes pensées allaient encore vers Ely ; après moi, la bête insatiable s’en prendrait à elle.
Cette idée insupportable fit grandir une colère que je m’efforçais à contenir et à camoufler depuis des mois…

De la colère, je passais à la rage, une rage terrible, forte d’une puissance sans égale chez l’Homme. Le tatouage de dragon qui recouvrait ma poitrine, s’estompa peu à peu, pour laisser un dessin tout autre ; ma peau ce lézardait, des ergots durs et effilés déchiraient mon épine dorsale, mes muscles durcirent et mon visage se fendit, sur chaque joue, de larges entailles.
D’un cri de douleur inhumain et effroyable, je me relevais férocement de cette transformation démoniaque et j’arrachais la bête, accrochée de ses dents à ma gorge. L’élevant du haut de mes bras puissants, d’un coup sec et sans plus forcer, je brisais l’animal comme une vieille branche et le projetais violemment contre les rochers, sur lesquels il s’écrasa, sans vie.

Je me retournais vers Ely, inquiet, je ne voulais pas qu’elle me voit ainsi, personne ne devait voir ce que j’étais, désormais.
Soulagé de la voir dormir, elle n’avait certainement rien vu de la scène et je devais l’emmener loin d’ici, la où je pourrais la soigner.

La colère passant, la bête qui demeurait en moi, laissa place à l’humain, d’un geste désespéré et misérable, je recouvrais de ma chevelure coulante, les traces démoniaques qui écorchées mon visage. Puis, je me baissais pour cueillir la belle endormie, la soulevant sans peine, de sa légèreté florale et l’ajustais doucement au creux de mes bras. Blottie contre ma poitrine à nouveau bardé du tatouage de mes souffrances, j’emportais la fiévreuse Ely.

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elymahoo
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MessageSujet: Re: Les Traces   Mer 20 Juil - 18:19

La brûlure lui devenait insupportable. Elle ne parvînt à soulever ses paupières collées qu’au prix d’une énergie dont elle ne se sentait même plus capable. Des milliers de petites flèches voltigeaient dans sa tête, telles de petites étincelles enflammant chaque recoin de son esprit.
A travers ses yeux larmoyants, elle discerna Philéasfogg qui retirait encore une fois ses vêtements. Un court instant, elle s’étonna de ne rien ressentir.

Il la souleva pour mieux l'installer et tentait d’apaiser ses souffrances. Ses gestes étaient doux mais elle se sentait à bout, incapable de le remercier ou de lui adresser la moindre parole.
Son esprit semblait vidé de toute substance et son corps paralysé refusait de se laisser apaiser. Pourant elle paraissait consciente, mais d’une lucidité aveuglante, dépouillée de toute impression et de tout sentiment.
Quelque chose en elle lui échappait . Elle en avait le pressentiment mais elle restait là incapable de s’en saisir. Elle se demandait simplement ce qu'ils faisaient en cet endroit hostile, pourquoi elle n'était pas avec les siens.

Une main effeleura son visage.

Une profonde angoisse l’envahit et bien qu’elle ne fasse aucun mouvement apparent, elle se sentit agitée de convulsions, comme si on tentait de l’étrangler. sa gorge était enserrée à la base du cou, empêchant l'air de pénétrer dans ses poumons. Elle suffoquait et n'opposait pourtant aucune résistance. Toutes ses pensées se concentraient vers une envie irrésistible de dormir et d'apaiser de la sorte sa lassitude.
Une chaleur intense envahit sa tête pendant que des sons étrangement bruyants retentissaient dans ses oreilles, telles une musique éclatante et assourdissante. Des éclairs jaillirent dans ses yeux qui devenaient peu à peu sanglants.

Tout autour d’elle perdit sens. La vie lui échappait lentement sans qu’elle puisse réagir. Dans un souffle, elle se sentit soulevée et sombra dans un noir oppressant, ses membres inertes et d’une lourdeur extraordinaire. Toute sensation s’éteignit en elle.

.....................................................................................................


De longues heures s’étaient écoulées, refermant son manteau de silence autour de la jeune fille. Quand elle se réveilla, elle se trouvait sur une couche qu’elle ne connaissait pas. Sa tête était douloureuse. Elle s’assit sur le rebord du lit et regarda autour d’elle. Le décor lui était inconnu.

Instinctivement, elle porta la main à son cœur.
Tout allait bien, si ce n’est ce profond malaise qui l’avait submergée et dont elle palpait encore les traces dans l’atmosphère.

Philéasfogg….Ils avaient erré un moment au gré de leurs pas, elle comme hypnotisée par quelque charme étrange. Elle s’y était abandonnée et sentait confusément l’emprise de cette volonté encore présente en elle. Elle n’avait rien vu…. Mais ces bruits de lutte étaient bien réels, de même que la douleur et les souffrances qu’elle avait ressenties et qui n’étaient siennes.

Elle fit le tour de la chambre. Personne…. Elle visita chaque pièce à la recherche de son hôte. Elles étaient désertes. Sans doute avait-il repris son errance, cherchant désespérément à apaiser ses maux. Elle pouvait lui apporter sa présence et sa gaieté, si tel était son désir. Mais en aucune manière le décharger de ses douleurs existentielles …Celà ne pouvait venir que de lui-même.

Elle chercha une plume et un papier et inscrivit dessus à l’attention du mage :

« Cher Philéasfogg,

Un sage a un jour écrit ceci : Notre corps est notre jardin, la volonté son jardinier.

Bien à vous,

Ely »


Elle plaça le mot bien en évidence sur la table de la cuisine et quitta les lieux, perplexe.
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