Taverne de l'imaginaire

[Laissez votre imagination vous guider au travers des différents jeux de rôles mêlant passé, présent et futur]
 
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 Une serre

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MJ
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MessageSujet: Une serre   Mar 27 Mar - 20:30

Tout au sommet d'un des plus grand arbres, un éclat de lumière trahit sa présence. Il faut grimper pas mal, mais une fois qu'on y est parvenu, toute la fatigue s'envole, toutes les petites douleurs des muscles et des os se taisent...

Un dôme de verre coloré aux courbes pures enferme un fragment d'Eden verdoyant, un îlot de quiétude. Mosaïques au sol, plantes et arbustes luxuriants, et le ruissellement d'une fontaine dans une vasque de pierre invisible.

Comment tout ceci a-t-il été construit, si haut, si loin de tout, c'est et ça restera un mystère. Arbres au sommet de l'arbre, décor parfait ouvrant sur la vue infinie et vertigineuse de la forêt en contrebas...

Silence et recueillement.
Ce n'est en rien un temple. C'est construit de main mortelle.
Et pourtant c'est une parcelle d'infini.




Quelque part au milieu des buissons odorants, non loin de la fontaine, la mosaïque laisse place à une herbe rase, sur laquelle se trouvent quelques meubles bas. Une grande coupe de fruits frais sur une table de bois, quelques flacons transparents. Quelques coussins ventrus et couvertures légères, sont disposés au hasard, au sol ou sur les sièges bas. Un lieu de calme et de quiétude. Un lieu de repos.






Dernière édition par le Ven 30 Mar - 10:42, édité 1 fois
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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Jeu 12 Avr - 3:28

Et voilà, ca grimpait sévère, il a fallut passer une espèce de pont de singe suspendu entre deux arbres haut comme des buildings. J'ai bien compris que la pauvre Sibylle marche sur des oeufs dans la citée perchée. Je la rassure de la voix, mais faut continuer à subir notre calvaire. Je suis loin d'avoir l'energie de jouer à tarzan transbahutant sa dulcinée entre ses bras de liane en liane. Le corso ressemblerait plus à un mauvais fac similé pour l'heure. Heureusement, j'ai jamais été sujet au vertige...

Puis, ça me permet d'aprécier sa tête sur mon épaule, flanc contre flanc. Ca réchauffe une femme, ca donne des ailes. Quand, je mesure le chemin parcouru, j'aurais presque l'impression d'avoir passé un mois depuis qu'on a débarqué sur cette île. L'épuisement sans doute.

Merde, pourquoi, elle s'accroche à moi, cette fille ? C'est une déesse brune qui a un corp à faire chialer les anges, et le vieux loup de mer ressemble plus à un crevard qu'à un fringuant prince charmant. Deux baisers et une cascade dans un buisson plus loin, on est en train de grimper toujours plus haut. Vers quoi ? Le marin reculerait-il ? Et que croit-il trouver en haut ? Va savoir avec Corso. Il ne sait rien d'elle, rien d'autre que ce qu'ils ont partagé autour du talisman. Le Oôg comme l'appele la vieille du peuple des arbres...

toutes ces questions disparaissent, voilà, que surgit devant eux un dôme de verre irrisé dont les couleurs frappent la rétine. Une espèce de folie au sommet du village qui apaise l'esprit. Corso est frappé par le silence qui y règne, l'atmosphère... Seulement, il se rend compte alors de l'absence de gens autour d'eux, enfin. Pas misanthrope le pirate, mais quand même ! la lassitude qui pèse s'allège et le marin marche comme sur un matelas cotonneux. Il pousse la porte.

Le décor impressionne, le bruit de la fontaine qui chante... Pour un peu, il s'écroulerait sur le pas de la porte. Mais, y a quelque chose de chaud, de rond et ferme qui s'écrase contre son bras. Ce quelque chose est directement raccroché à une donzelle qui lui a chaviré le coeur. Corso l'entraine vers les coussins et la table basse. Cette serre est encore plus impressionnante de l'intérieur.

" Je crois qu'on a trouvé le paradis proposé par la vieille femme. Qu'est-ce qu'elle a dit déjà ? Qu'on y retrouverair nos forces plus vite qu'ailleur... Et qu'il fallait essayer de dormir un peu... "

Le marin laisse courir ses yeux aux couleurs changeantes sur ce décor étrange et reviens vers la jeune femme à laquelle il sourit sans cacher son trouble. Ce visage à l'ovale parfait, un bout de nez pointu comme les chats et les lèvres comme dessinées au pinceau, le subjugue et l'attire. Ni doute ni question dans le regard du marin, quand il lui montre les coussins du regards.

Il attire Sibylle à lui, les mains contre sa taille ferme. Il respire l'odeur de sa chevelure soyeuse et sombre. Même épuisés, si vivante contre lui. Il goute l'odeur forte et suave qu'elle dégage. Se souvient d'un triangle de coton blanc, se demande si c'est cette odeur qui l'a hypnotisé avant tout. Il plonge dans les yeux éffillés de la sorcière dont le petit haut ne parvient pas à dissimuler la naissance de ses seins blancs et ronds. Une main rugeuse du marin vient caresser la soie fragilede la joue de Sibylle.

" On va laisser aller maintenant. "
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Jeu 12 Avr - 12:04

C'était difficile, d'arriver jusqu'ici, tellement difficile.
Toujours un morceau de ma tête qui me soutenait que je pouvais voler, mais si, bien sûr que si, essaie et tu verras...
J'ai dû me battre contre ça pendant tout le trajet, pas si long, mais trop, beaucoup trop long quand même...
J'ai à peine vu la serre du dehors, concentrée sur mes pieds, sur ma tête, sur la voix de Corso.
Et puis on s'est retrouvés à l'intérieur.
Et là toute la tension s'est enfuie, et je suis restée abrutie, debout sur mes pieds, les os mous, les yeux idiots.

C'est impensable un truc pareil.
C'est magique.
Et si c'est pas magique, j'ai pas l'énergie pour essayer d'y voir une autre explication...
C'est comme si je rêvais déjà.
Une fontaine au sommet des arbres, mais c'est n'importe quoi, ça...
Et le bruit de cette fontaine s'écoule sur moi, il me lave de ma fatigue, de ma peur, de toutes ces crispations qui tendent les épaules, le dos, les traits du visage...
J'ai l'impression que tout glisse de moi comme des vêtements sales, entraînés par une pluie tiède, douce, rien de la fureur et de la violence de la tempête qu'on vient de se prendre, une pluie d'été, une qui fait sourire et ouvrir les mains vers le ciel.
Je respire à fond, pour la première fois depuis longtemps, et tout se déplie à l'intérieur de moi.
Tout s'ouvre, comme les fleurs délicates et colorées que je vois tout autour, tout s'ouvre ici, à l'abri du vent du dehors et des tempêtes, tout s'offre, même le plus fragile, même le plus vulnérable, rien ne peut me faire de mal ici.
La voix de Corso est devenue un peu rêveuse, un peu différente, plus douce...
Ses gestes aussi, ralentis, flous, tendres.

C'est là que je me rends compte qu'on est seuls.
Ca me fait un drôle de petit choc dans le sternum...
Qui s'amplifie.
Se propage...
Une petite caresse sur la joue, quelques mots.
Un frisson qui me descend tout le long du dos.
Une vibration qui reste.
Un prélude...

Laisser aller, oui...
Laisser aller beaucoup de choses en vérité.
Laisser aller le reste du monde à l'extérieur de cette bulle étrange.
Les laisser se débrouiller avec leurs questions sans réponses, leurs angoisses sans objet.
Leurs conventions sociales.
Leurs pudeurs idiotes.
Ces pseudo-lois qui disent "c'est mal".
Qui disent qu'une fille comme moi c'est une garce et une traînée.
Ils ne savent rien de ce que j'ai vécu.
De tout ce que je n'ai pas vécu, ou si peu, si mal.
Tout ça m'est donné à présent.
Offert par une créature bizarre et une vieille femme au regard perçant.
Oui, c'est vrai, tu es le premier venu, ou presque.
Oui, c'est vrai, je t'ai tenu contre moi, obligée ou pas, depuis lors.
Et ça m'a réchauffée, réveillée, enivrée...
Tu aurais pu abuser, tu ne l'as pas fait, ou si peu.
Tu aurais pu être un imbécile, un abruti, tu aurais pu être dénué de cet humour un peu rude qui danse dans tes yeux. Et de cette sensualité mal domptée qui t'échappe par moments. Et de cette douceur presque timide de maintenant.
Pas tellement le premier venu, en fait.
Ou le hasard a bien fait les choses.

On va laisser aller, oui...
On va laisser faire.
A commencer par ma main qui se lève pour aller plonger dans tes cheveux.
Et l'autre qui la suit pour attirer ta tête à moi.
Ca va aller tout seul...
Trouver tes lèvres...
Laisser aller...

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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Ven 13 Avr - 1:26

Les éclats du dome de verre jouent sur le visage de Sibylle. Corso observe le phénomène avec un étrange pincement au coeur. Mais, ni le murmure de la fontaine ni l'atmosphère apaisante de la serre ne peuvent plus le détourner des yeux gris sombre de la femme qui semblent s'éclairer au jour du dome. Sibylle s'est approchée de lui, plantant ses seins pointus contre son torse. Il sent les mains de la femme se perdre dans ses cheveux mal peignés. Elle attire le visage du marin contre le sien. Vision unique et paradisiaque d'une bouche de poupée de porcelaine qui s'entrouvre, souffle pressant. Il plonge.

Ses lèvres sont douces à Corso. L'heure n'est plus aux doutes ni aux questions, savourer, se laisser porter, soutenir ou frôler son corps souple. Un baiser qu'il ne veut pas brusquer tout d'abord. Les bouches s'explorent, les langues se rencontrent, un univers qui vrillent les cerveaux et fait monter des miryades de'explosions le long de la nuque du marin. Il se fait pressant, troublé, ses mains qui enserrent la taille de Sibylle recherche le contact brulant de sa peau et se glisse sous le tissu. Et toujours, les lèvres qui se cherchent dans un ballet où le souffle du marin se fait rauque.

Je reprends l'air. Mais, son regard, nom de dieu, son regard qui me fixe et m'hypnotise. Ici, seuls à l'abri des regards et des autres, on se découvre en accéléré. En Sibylle, je lis les félures, la fragilité, quelque chose que je ne peux comprendre mais qui ici et maintenant se libère. Comme une offrande que personne ne peut ignorer ni repousser. Et en toi, Corso ? Que lis-tu ? A cette heure, rien d'autre que le feu du désir qui m'énivre. Je memens à moi-même, mais l'instant est trop beau.

Elle semble si menue, mes mains qui enserrent sa taille, je la soulève, je la veux plus près, nos corps et nos bassins liés. Je veux m'énivrer de son odeur. Elle est si légère contre moi que la déposer sur les coussins n'est qu'une ballade, une pirouette de danseur de tango. Sibylle se retrouve allongée, les cheveux épars, son visage de chat qui me nargue. Ses lèvres qui m'appellent. Mais, je veux prendre mon temps, je la regarde. Mes yeux suivent la courbure de sa cuisse fuselée, de ses hanches rondes. Son ventre comme un méplat, et sa poitrine tendue dont on devine les pointes érigées sous le tissu léger.

Je viens m'allonger à ses côtés, tout contre. Mes doigts tracent un chemin léger sur son épaule dénudée, faisant chuter la bretelle de son haut. La peau si fine sous mes doigts rugueux, depuis combien de temps, n'ai-je connu cette sentation ? Quelle importance, Sybille emporte tout. Hum, l'embrasser de nouveaux, dévorer ses lèvres et son visage, je roule sur elle en l'embrassant. Cette fois, mes mains farfouillent sans vergogne, et chassent le tissu pour délivrer cette poitrine somptueuse. Et pendant ce temps les bassins qui dansent une gigue bien connue, ancienne, qui ne change jamais vraiment mais se réinvente toujours.

Corso sent le désir de la femme comme le sien avec une conscience exacerbée presque douloureuse. Il se redresse un peu pour arracher péniblement son pull crasseux. Ses yeux d'or liquides fixent Sibylle avidement. Un jeu vieux comme le monde mais ni l'un ni l'autre ne semble près de s'en priver.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Ven 13 Avr - 12:26

C'est léger et doux...
Puis ça s'accentue.
Ca s'intensifie.
Ca devient brûlant...
Hésitantes, puis gourmandes, puis avides, lèvres, mains, langues...
Quelques secondes à peine, et j'en suis déjà à le dévorer, de la bouche et des yeux, à l'appeler de toute ma peau fiévreuse.

Il m'emporte d'un seul effort, me renverse, m'allonge, mais je n'ai presque pas senti le changement, la verticale n'a plus de sens, tout tourne autour de ses yeux d'ambre. Le souffle accéléré, je goûte le moment où il me frôle du bout des doigts, la morsure au creux du ventre, le désir qui proteste et qui rage. Puis il me serre à nouveau, m'embrasse à nouveau, je retrouve son poids sur moi, il me manquait, il m'a manqué depuis ces maigres secondes au hasard d'une chute.

Je ferme les yeux pour mieux le goûter, mieux sentir ses mains qui glissent sous mon dos cambré, mes flancs creusés, mes seins tendus et électriques... Et la morsure s'accroît, de plus en plus cruelle, amplifiée encore quand il se plaque contre moi, étroitement, sauvagement, et mes mains filent vers son dos, ses reins creusés, je l'attire plus près encore, mon souffle devient plus rauque comme j'imagine leur danse, plus tard, bientôt...

Plus de raison, plus une pensée cohérente.
Plus que le feu, à la place du sang.
Et le coeur qui a changé de place, qui bat là en bas, qui palpite et qui propulse la fièvre et la folie dans tout mon corps.
Peu importe le temps, le reste du monde, l'après, je m'en fous, je me fous de tout, je te veux.
Tu te détaches, un instant beaucoup trop long déjà, même si après tu m'offres plus de peau à goûter, tu me le paieras quand même... Le creux de ton cou est salé, sel de mer et de corps, et son odeur m'affole. Je le lèche, le mordille, l'embrasse, j'y frotte mon visage comme font les chats pour s'approprier quelque chose. Je te tiens serré, mes mains plaquées qui voyagent le long de ton dos, de la nuque aux fesses et retour, je te dévore comme une affamée, d'ailleurs je suis une affamée... Une jambe repliée contre ta hanche, ne me demande pas pourquoi, je n'en sais rien, juste que je perçois mieux encore les contours de ton corps et leurs bouleversements.. Mais pas encore assez...

Un coup de rein et tu roules de côté, le visage en pleine lumière, tu es beau, j'aime tes traits accusés par le soleil et l'eau, tes yeux de lion, j'ai presque des scrupules à te noyer sous cette marée d'ombre, mais comment faire pour t'embrasser encore, sinon... A présent que je suis là, posée sur toi, ton désir prisonnier entre mes jambes, confiné encore, je peux prendre un peu de temps, lever les bras et me débarrasser du bout de tissu retroussé au-dessus de mes seins par tes mains impatientes. Jetté au hasard, sitôt oublié, je me penche à nouveau sur toi, je peux reprendre tes lèvres, lentement, doucement, cachés derrière un rideau de cheveux, le monde se restreint encore, personne ne viendra te prendre à moi, j'ai le temps, tout le temps de te découvrir du bout des lèvres, du bout des doigts... Le visage, le cou, le torse...

Et tant pis pour la morsure qui devient intolérable, tant pis pour la chair qui se convulse et qui hurle, folle de fureur, au contact de ta chair qui palpite elle aussi... Qu'ils attendent, leur tour viendra...
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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Sam 14 Avr - 16:54

Tu es cramé Corso, avalé, dévoré. Tu perds toute notion de temps et d'espace. T'as voulu toucher à la flamme et te voilà englué comme une mouche dans le miel. On tangue comme un bateau dans la tempête, C’est Versailles en feux d’artifices. Je m’accroche comme un perdu, un mort de faim, mais, Sibylle me renvoie des décharges électriques. On sait pas qui est le plus affamé, parce que les corps se mélangent, s’explorent par frottements presque douloureux, parce que ses yeux qui cherchent l’ombre et moi qui veut les raccrocher tout le temps. Me rappelle pas d’une pareil frénésie, y a rien d’autre qui compte que ses lèvres qui m’appellent, ses seins qui me font de l’œil.

Quand mes mains explorent son corps, elle se cambre et nous rapproche toujours un peu plus que c’est possible. Ses mains qui viennent me guider attisent le feu du désir. Ca palpite dans nos ventres et les couches de tissus entre nous ne dissimulent plus grand-chose. Sa peau est comme un festin de soie sous mes mains, elle tremble et vit au rythme d’un souffle haletant quand la folie de nos lèvres se retient pour chercher l’air. Sibylle, qui sait pourquoi notre rencontre ? Je sais juste en cette seconde que je me suis brûlé les ailes. Si le marin voulait juste jeter l’ancre, il s’est échoué à présent.

C’est fatal, mais quelle merveille de me nourrir à ton regard, à la source étoilée de la soif qui s’y allume. Par instant, j’y lis l’appel âpre et ardent de la vague, mais tant d’autres choses encore que l’on ne doit pas nommer. Je les garderais au secret, au fond de mon coffre. Là où nul autre ne peut-y jeter un œil.

Sous les mains de corso, l’arc d’un dos gracile, la flèche d’une jambe repliée qui s’est relevée pour calquer un rythme trouble et sensuel. Et ce souffle rauque qui émeut le marin tandis qu’elle goûte à sa peau et se frotte comme un animal en manque de caresse. Les corps roulent et la voilà par-dessus, ventre collés, sourire de félin sur ses lèvres charnues. Une cascade sombre et odorante qui glisse sur le visage du marin, des baisers encore des lèvres qui s’assoiffent. Corso cherche une bouée de sauvetage tandis que sibylle fait voler son top au loin et délivre définitivement son buste de statue grecque.

Il veut la découvrir toute entière, frotter sa barbe au grain de sa peau… Mais, ses mains ne lui obéissent plus, qui viennent capter les globes offerts, les aréoles brunes qui se calent au creux de la paume. Chaudes et vibrantes, on dirait qu’elles irradient de lentes pulsions, Corso remonte la source des radiations. Un parcours descendant et lascif le long d’un ventre plat qui frémit sous la caresse. On dirait un volcan qui gronde dans cette zone, mais un morceau de tissus fait une barrière naturelle exaspérante dans le voyage. Aux rivages ombreux du visage de Sibylle, il vient quémander ses lèvres tandis que les mains dégrafent un à un les boutons de pantalon de la jeune femme, découvrant la blancheur du ventre et plus bas l’orée d’un buisson noir qui ne fait que se deviner.

Corso, de ses mains, libère la taille, et cherche la peau tendre et fragile. Les mains calleuses retombent sur une chute de rein à faire chialer bouddha. Un valseur énigmatique aux circonvolutions trépidantes ! Impossible à contenir, autant accompagner.

" Sibylle... "

J'ai prononcé son nom comme un appel sourd. Mais qui contient tant d'autres sens dans ma tête. Du genre qu'un type comme moi ne doit pas prononcer, ni même envisager. Je la veux contre moi, je veux son ventre offert, mais, le temps qui s'effiloche tranquillement, me laisse tout paresseux, jouisseur des instants qui préludent.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Dim 15 Avr - 13:01

Caresses douces et rudes, et tes yeux qui brûlent, et tes lèvres qui s'entrouvent... ce geste répété, ma peau soudain plus libre, et tes mains qui plongent, je n'en peux plus, je n'en peux plus... Puis mon nom comme une caresse de plus, qui met un frémissement dans ma poitrine, quelque chose qui me donnerait presque envie de pleurer... et pourtant je ne suis pas triste... oh non, je ne suis pas triste...

Mais ça m'étouffe quand même d'une émotion bizarre.
Ca me donne envie de m'incliner sur toi, de me blottir tout contre toi et de t'embrasser très longuement, très doucement... Interlude... mes mains qui courent dans tes cheveux, sur tes épaules, tes flancs...

Rien à faire, le feu est fort, il se mêle de tout, il se croit le maître, et il l'est, en fait... Mon baiser tendre redevient peu à peu brûlant, mes mains butent sur le tissu importun, s'agacent, frustrées, à ne pouvoir le dépasser. Mon ventre dénudé juste avant, pressé sur cette barrière, c'est intolérable. Et d'ailleurs pourquoi le tolérer ?...

Je me recule un peu, je te fixe. Je respire trop vite, trop fort, je sais ce que tu vois, je sens l'air frais qui me frôle. Injuste, non ? Moi je ne te vois pas. Réparons ça tout de suite. Un geste et j'ai basculé sur une hanche. Un appui sur les épaules, il glisse, un mouvement de reptation, et je m'en débarasse d'un coup de pied comme d'une vieille mue, peau morte devenue trop petite. Et je rougis comme une gamine.

Ca c'est totalement bizarre. Un peu insensé. Absurde. Voilà que je me cache... Je me plaque contre ton côté, de tout mon long, et je presse mon visage dans le creux de ton épaule. Idiote, Sibylle... Je ris. Idiote, non ? Je relève les yeux, juste pour voir ton expression. Ridicule, vous vous frottez avec une frénésie presque animale depuis tout à l'heure et il te resterait encore de la pudeur en stock ? On dirait. Complètement ridicule... Reprends plutôt là où tu en étais restée... Il était question de rétablir l'égalité, non ? Ca signifie...

Oui.
A peu près ça.
Bien sûr tu peux faire un peu le tour de la question, avant...
Mmmmh... faut-il prendre le risque de libérer la bête ?
Te sens-tu vraiment capable de dompter semblable sauvagerie ?
Tout prisonnnier qu'il est, il se débat quand même...

Je ne sais pas ce qui passe dans mes yeux à cet instant précis. Mais je te fixe toujours, le nez dans ton épaule... Je sais que je tremble de partout. Même ma main frémit un peu. Pourtant, je la tiens bien plaquée sur toi. C'est peut-être pour ça d'ailleurs que je m'enflamme de plus en plus...

La ceinture. Quelques boutons... On dirait qu'ils n'attendaient que de se défaire... Trop tard pour le risque, Sibylle... Trop tard pour les précautions... Il est libre, ou presque... Qui domptera l'autre, à ton avis ?
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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Lun 16 Avr - 1:04

Ca t'aiguillonne Corso, ça tire dans les reins ! Le ventre est tendu comme une corde à violon. Sibylle a entamé un ballet trouble des mains sur ton corps. Mais c'est quand elle se colle à toi pour venir accabler ton visage de ses baisers pointus ou sauvages tour à tour que tu vibres à l’abri de sa frange sombre qui te chatouille. C'est un festin, un festival, j'aime, je mange, je dévore des yeux, des lèvres, j'explore de mes mains des rondeurs capiteuses...

Parfois, elle se laisse porter par un voile de douceur qui auréole chacun de ses gestes, mais bientôt la même frénésie que le marin s'empare d'elle et ils berdancent comme la mer en furie. La voilà qui se délivre de ses derniers oripeaux, libérant sa chute de rein fabuleuse, ses cuisses fuselées. Il la regarde qui vient se réfugier à son côté comme une que tout soudain la lune effarouche. Ses yeux comme mille lacs éblouissent le marin. Il y lit une pudeur surprenante mais non dénuée de beauté. Réfugiée contre l’épaule du marin, elle laisse un long temps passé où ses yeux accrochent, il s’y perd, comme un chérubin.

La main de sibylle tremble sur le torse de l’homme, mais, lui, le brave Corso… Combien qu’il a souvent joué jouer à la bête à deux dos, le déserteur apatride, fils d’une putain au bordel de Madame Alexandre. Il a vécu parmi les ruffians, repoussant tout attache. Il a cru toujours pouvoir fuir quelque chaîne qui soit. Mener son destin. Femmes croisées pour rire ou pleurer, il les quitte aussi vite, surtout reprendre la mer, et agrandir la distance. Il faut que ce soit sur cette île où la mort traînasse en maraude ! Cette serre est comme une fontaine qui les a rendu comme neufs l’un à l’autre. Et tandis que corso perçoit les terribles contradictions qui le tenaillent, il laisse planer un sourire de connivente tendresse. Perdu et vendu corps et âme.

Ce corps qu’elle me cache, je voudrais le voir tout entier pour le graver. Mais, qu’importe le temps est à nous et je préfère garder le meilleur pour la fin. Je pars en exploration manuelle, je cherche la source du feu qui la prend. Au cœur chaud lové entre ces jambes, une toison frisée odorante, mes doigts y cueillent l’eau de la fontaine. Le parfum capiteux qui me fait grincer des dents et attise mon désir. Avait-je besoin de preuve de la passion qui l’anime quand son corps tremble contre le mien et que ses mains achèvent de me libérer tandis que je gigote pour chasser cette saloperie de froque. Non, mais, mes caresses qui se précisent effleurent la grotte intime comme on explore un territoire vierge.

Mais, la voilà qui rie de cette instant, la main de Sibylle qui palpite sur mon ventre, j’ai senti cette fragile retenue. Ne rien brusquer, tout coule de source, son rire, ses tremblements de demoiselle, on est tout comme une première fois. Mon cœur qui joue la carioca et la furia fébrile qui me prend et que je dois contenir quand nos gestes se ralentissent. Les deux diamant sombres qui me fixent par-dessus mon épaule me taraudent aux reins, sa main descend toujours plus bas, hésite… A quoi elle pense quand elle défait mon falzar et me libère enfin ?

Mon autre main caresse son épaule, la repousse lentement sans quitter ses yeux de plus en plus sombres sous l’éclairage torturé de la serre. Plus bas, les doigts tournent et tournent lentement. Elle repose sur le dos, cheveux épars et je peux jouir un bref instant du spectacle des monts et des vallées qui se déclinent dans sa blancheur de lait. Un instant ? C’est assez, le loup ne peut plus attendre, il veut plus et se jette sur la belle. Les ventres se cherchent sans entraves pour se trouver et ne plus se quitter.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Lun 16 Avr - 14:37

Les yeux verrouillés aux tiens, le sang qui hurle juste sous la peau, je t'ai aidé à repousser ce qui te restait de vêtements, d'une seule main, l'autre bras coincé sous moi, plaquée toujours contre ton flanc, et certains contacts brefs m'ont mise au supplice... Je préfère ne pas risquer mes yeux ailleurs que dans les tiens, j'ai le souffle trop court et le coeur qui s'affole... Mais j'ai mieux que les yeux pour te découvrir...

J'ai laissé ma main s'effrayer et reprendre, explorer et se perdre, et la tête qui tourne de plus en plus... J'ai une bête furieuse à la place du ventre, un petit monstre affamé qui mord le vide et se retourne contre moi dans sa folie. J'ai tellement envie de toi que ça fait mal.

Ta main à toi qui m'effleure, j'ai un rugissement qui monte, je veux, je veux, mon ventre se convulse, se révolte, mais ce n'est que justice, mes révoltes à moi ne sont jamais que l'écho des tiennes, de ce futur trait d'union qui nargue ma paume et joue les rebelles... Ecarlate, au moins, je continue quand même à te frôler, te caresser, ce n'est plus un jeu, j'ai la chair qui vibre, qui appelle, et qui réclame son dû, jalouse de ma main qui t'enserre. Ce ne sont même plus des images qui me viennent, même plus des idées, c'est juste brûlant et rauque, c'est rythmique, ce même rythme qui agite déjà involontairement mes hanches à la caresse de tes doigts.

Mes épaules sur les coussins, et enfin, à nouveau, ton poids sur moi, enfin, et cette fois sans ces foutues barrières textiles, carcan des corps, prisons à désir.
La seconde où je te sens pris entre nos deux ventres.
Et ce mouvement qui te dégage.
Et le contact insoutenable, brûlant.
Deux peaux pareillement fines et sensibles.
Pareillement affamées.
Deux peaux jumelles qui se défient.
T'oseras pas, je vais te bouffer.
Fais pas ta maligne ou je te perfore.
C'est ça, perfore, je parie que t'as peur de l'ombre. Peur du feu, de l'eau et du sel.
Rêve pas, si tu me cherches tu vas me trouver. Tu me fais pas peur, j'en ai fait pleurer d'autres que toi.
Ben voyons, allez, viens te battre, si t'es un homme.
Viens te battre.
Oui, viens...
Viens...

Et reviens...

Encore...
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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Mer 18 Avr - 0:27

Ca bouscule, troubles caresses, odeurs qui montent et envahissent les champs de perceptions. Il existe entre ses jambes une jungle tropicale qui exsale milles parfums troublants. Un pays qui m'appelle et où je rêve de m'échouer, navire à l'abandon. Mes doigts s'y perdent comme en zone dangereuse, marécages tumultueux. Mais, voilà la main de sibylle qui joue aussi qui me serre ou me délivre, me transforme en charbon ardent. On va devenir dingues ou malades ! Quand nos corps se collent comme des morts des faims, elle s'ouvre comme un gouffre tumultueux avide dévoreur.

Ca devient furieux et sévère, Corso se guide aux étoiles comme tout bon navigateur. Il fixe les éclats diamantins dans le fonds des yeux de la petite sorcière, des yeux qui s'assombrissent, que le désir rend dangereusement mystérieux. Mais, lui-même n'est plus ni raison ni rien de sensé. Un animal farouche à l'entrée du paradis, attendre et guetter. qu'adviendra t'il ? Que rescelle le trésor, l'écrin rose qui l'appelle. Ne plus attendre, un sourire qui découvre ses dents. Il gronde et que commence la cavalcade, la danse sensuelle et lanscinante des corps qui se mêlent.

Je la regarde, offerte, fascinante esquisse de la passion, corps blanc et opulent, cheveux sombres qui tranchent. Nos ventre grondent et tout soudain, c'est l'arrivée. L'arrivée ? Pas du tout, ce n'est que le début, le navire trouve son gite dans un fourreau soyeux palpitant comme un coeur en surchauffe. Millions de frissons qui partent de notre union pour s'éparpiller dans mes nerfs. La belle gigote comme une damnée. Je m'accroche des deux mains à ses hanches, ne rien perdre de son visage qui m'accroche, de ses lèvres qui se gonflent.

Parfois les rythmes s'affolent comme les tambours du bronx et le marin croit emporter tout sur son passage. Il court chercher à sa bouche le souflle rauque qui s'emballe, respiration douloureuse à l'unisson. Il mord dans ses lèvres comme un qui se battrait pour sa vie... Des instants qui se saccadent pour goûter l'instant, qui se laissent désirer pour voir venir. Un tango langoureux où la bouche vorace de Corso goutte au creux du cou de Sibylle, aux fruits murs de sa poitrine... Et toujours, toujours, le lent va et vient qui arrache des vagues nerveuses aux corps torurés, le ballet des cuisses qui s'electrisent.

Le vieux loup de mer ne masque plus grand chose, son visage perdu dans les cheveux flous de Sibylle. Il est porté par une vague, une mer, un ventre volcanique. Le rythme syncopé qui reprend, coup de reins vicieux de part et d'autre, de bonne guerre ! De nouveau, la furia effrénée, les soupirs et les corps qui s'affrontent dans une parodie de combat, soudés l'un à l'autre.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Mer 18 Avr - 2:49

Je te savoure comme un mets délicieux, patiemment attendu, dont le fumet fait saliver depuis trop longtemps...

Tu te glisses là où je t'attendais, enfin...
Un mouvement infime, tu touches au but, guidé par les replis de chair gonflée et frémissante qui s'est rendue déjà depuis longtemps, la traîtresse.
La tension électrique qui se noue, l'impression que je me ferme pour mieux ressentir ton passage.
Le contact se fait pression, légère, puis plus forte, plus impérieuse...
Doucement tu forces une porte qui ne demandait qu'à céder.
Fanfaronnades, ses défis, que de la gueule...
Elle résiste un peu, mais c'est pour la forme.
Juste parce qu'elle ne s'est pas ouverte depuis très, très longtemps...

La porte a capitulé, la forteresse est prise.
Un rien de rébellion, quand même, l'envahisseur n'est pas n'importe qui, qu'il ait au moins à jouer un peu du bélier avant de parvenir à prendre ses aises et à s'installer en pays conquis...
Le soupir finit en plainte, mais surtout ne t'arrête pas...
Ne t'arrête pas...

Lent ressac, régulier, effrayant et apaisant en même temps, vieux comme le monde, à l'origine de tout, impossible à endiguer, à contenir, il vient, repart, et rien ne peut l'arrêter, rien, c'est inutile, et d'ailleurs pourquoi faire... Je le redécouvre dans la houle de nos corps noués, je l'accepte à nouveau les yeux fermés, je le laisse m'envahir, me noyer, et toute conscience se dissout, en dehors de la proximité immédiate de ta peau, de ton souffle...

J'ai rouvert les yeux, rivé mes mains à ton dos, à tes reins qui ondulent.
Lentement j'apprends leur rythme, j'apprends leur danse, pour danser avec eux...
Timide d'abord, j'essaie, je cherche, suspendue à tes yeux qui m'obsèdent, je m'affole, je perds pied, je renonce, je n'y arrive pas, pardon, trop longtemps, c'est trop, je ne contrôle plus rien, je n'ai plus les commandes de ce corps enfiévré, il m'échappe...
Mais je m'acharne, je veux, je veux, pas question de rester là, à subir, en spectatrice, je veux danser moi aussi...

Regards verrouillés, sauvagerie au coin des lèvres crispées, je plaque mes mains plus bas, au creux des reins, je m'attache à leur rythme, je vais à leur rencontre, arquée, tendue, concentrée sur un seul but, m'ouvrir plus, t'attirer plus loin, plus profond, plus fort, au mépris de la tension qui monte.

La tension, là en bas, autour de toi...
Loin de se résoudre elle s'accroît, elle se propage, elle lance ses étincelles qui mordent et qui allument des débuts d'incendie partout sur la peau.
Elle gagne du terrain à chacun de tes mouvements, à chaque recul, chaque retour, à chaque choc qui résonne de plus en plus en moi, me soulevant comme un coup de fouet, orteils recroquevillés, gémissement aux lèvres.


Et tu souris, tu joues, tu changes de rythme, mais je te suis, je te suivrai, je te précéderai même, tu vois, là c'est moi qui t'ai surpris... Je souris à mon tour, je geins, je perds la tête, je laisse la danse se poursuivre d'elle-même, je goûte à tes lèvres enflammées sur mon visage, mon cou, mes seins offerts, partout tes mains, partout tes lèvres, ta peau qui brûle, ton sexe impitoyable qui poursuit ses assauts malgré le déchaînement de folie qui menace, je le sens, ma danse perd sa régularité, devient frénétique, désespérée, ne t'arrête pas, surtout pas maintenant, par pitié, c'est là, ça se rassemble, ça s'accumule, je n'en peux plus, je n'en peux plus, il faut que ça s'arrête, je t'en supplie, plus fort, encore, encore une fois, une seule fois, oui, ça y est, enfin, ça y est, ça explose...

J'ai une main qui griffe ton dos, l'autre crispée sur ta nuque, le bassin rivé à toi, cambrée à m'en briser les reins, et tout mon corps frémit, mon ventre se convulse en longs spasmes furieux, alors que la tension se libère, vague après vague... Et ça dure, ça dure, j'ai juste conscience de mon cri et de tes mouvements qui se poursuivent en moi, chaque saccade apportant une vague de plus, encore, et encore...
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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Mer 18 Avr - 11:54

il est des tempêtes salvatrices, des plaintes rauques qui n'en sont pas. Corso accroché à ton corps Sibylle, se laisse transporter par la danse ancestrale. A l'abri de ton ventre, il chasse le mauvais sort, le destin qui s'acharne. Il découvre un univers auquel il n'aurait jamais cru cru acceder. C'est toujours différent, jamais pareil, mais ta voix, tes tremblements, appellent une issue qu'au plus longtemps, il veut repousser. Dans tes yeux qui se voilent comme perdus ou qui le fouaillent comme la pointe d'un couteau aigue tour à tour, il vient guetter les signes annonciateurs de la vague qui emporte tout. Chair et esprit si étroitement mêlés qu'il en hurlerait.

Combien de fois on repousse les limites ? combien de fois ton ventre me secoue comme un prunier et me supplie d'en finir ? Mon désir tendu, brulant dans la soie humide n'est pas en reste qui implore un point final en guise d'oraison. Le plus vieux jeu des hommes et des femmes, on dirait, Sibylle que tu le réapprends pas à pas, comme une enfant en manque. Puis tout soudain, c'est moi en prend plein les mirettes, qui se fait secouer et trimballer, et je m'accroche, et m'accroche, tant que je peux.

A mon tour de te faire tanguer, un vrai tango argentin ! On ira jusqu'au bout et rien ne peut nous arrêter. Sous moi un corps de femme qui vibre et qui se lance dans une cavalcade éffrénée, Ses plaintes sont des appels au au meurtre. Mes baisers se sont faits sauvages quand la bataille comme le tambour au combat résonne des milles bruits de l'amour. Il n'existe pas de mots, ni de sens qui captent cette valse sensuelle et brutale qui prélude au final. Mais, des milliards des caresses, de sensations, la danse des ventres qui se cognent, se frottent et rugissent en silence comme des morts de faims. Tandis que s'apprete une vague sublime, unique et lumineuse.

Eperdu le marin, ses traits se crispent à l'heure où le destin s'achève. Sibylle s'arque brutalement, ses mains le griffent, ses yeux chavirent. Courbure parfaite de ce corps d'albatre sans faute, comme un tableau de maître représentant la violence salvatrice de la jouissance. Elle se referme sur lui comme une mer de sables mouvants, émouvants. Un frisson qui ravage et brise la digue. Ses saccades le rendent fou, le Corso, il ne maîtrise plus rien, son rugissemnt est comme une délivrance, Sibylle part en longs spasmes régulés par ses soupirs, ses yeux assoiffés...

Jamais, je ne pourrait m'arrêter, jamais de fin au va et vient brutal qui s'est emparé de mon bassin. Elle vient sous moi comme un tourbillon fantasmatique et je voudrais ne jamais en finir. Pourtant, pourtant... Je sens les ultimes palpitations, la fougue qui se transforme, les digues se rompent. La rejoindre enfin, pourquoi reculer l'inreculable, être avec elle àses côtés. Je veux me noyer en elle, me fondre. Longs jets brûlant, un volcan en erruption qui, j'en ai l'impression jamais ne cessera de cracher sa lave... Je la soulève quelque peu admirant encore un peu l'arc de son dos. Je crie aussi. La fin, quand les rythmes se languissent et que des éclairs electriques continuent de parcourir les corps. Comme une pointe de tristesse aussi, quand le jeu achevé, il ne reste déjà plus qu'une ombre de souvenir. Non, attends Corso ! Laisse tes sens profiter de ce corps tremùblant contre le tien, laisse le temps et profite de la douceur de son visage irradiant, innondé de sueur et ses yeux de déesse qui brillent comme des diamants...
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Mer 18 Avr - 22:49

Tu es resté là, sur moi, en moi, alors que les vibrations de l'orgasme nous font encore palpiter. Tu es resté là où tu t'es abattu, pantelant, hors d'haleine, le visage contre le mien, tout proche. Tu pèses sur moi, lourd de fatigue, mais je ne veux pas que tu bouges. Mes bras se referment, une jambe repliée vient enlacer tes cuisses.
Pour que tu restes.
Parce que je sens les battements accélérés, désordonnés, de ton coeur.
Ton souffle dans mon cou, rapide et rauque.
Et ces contractions brèves qui se répondent encore, là, dans mon ventre apaisé.
On dirait qu'ils se remercient, c'est drôle...
Je souris...
Je les veux encore...
Je veux les écouter s'apaiser...

Ma main tremble quand je l'amène à ton visage. Tu as les cheveux dans les yeux... Là, c'est mieux... Ils sont dégagés à présent, mais je continue à frôler tes pommettes, tes tempes, tes paupières... J'en ai envie...
J'ai beau ressentir tout au long de moi la pression de ton corps alangui, j'ai une impression d'irréel, comme si c'était un rêve un peu trop parfait. La réalité c'est dans tes yeux que je la trouve... Dans la façon qu'ils ont d'être à la fois ternis pas l'épuisement et illuminés de l'intérieur... Je m'y baigne comme dans un rayon de soleil, je me fais toute petite pour qu'il me réchauffe, ton regard. Toute petite pour rester blottie en-dessous de toi, édredon d'homme au poids rassurant...

Est-ce que j'arriverai à arrêter de te caresser le visage ?
Même si le réel a supplanté l'irréel et que je sais à présent que c'était tout sauf un rêve ?
Je ne me reconnais pas. Et c'est si bon, de ne pas me reconnaître, si tu savais...
L'ancienne Sibylle aurait pleuré de peur, tendue comme une corde de violon, elle aurait tremblé d'angoisse, moi j'ai vibré de plaisir fulgurant, et l'émotion qui coule sur mon visage n'a rien à voir avec la peur... Elle aurait cédé aux exigences de son corps avec répugnance et frayeur, confiné de toutes ses forces son esprit vagabond, serré les dents, et elle aurait tout gâché, au final.
Moi...
Vois mon sourire...
J'ai donné et j'ai pris, en toute confiance, sans retenue, sans honte, dans l'oubli joyeux et complet de tout ce qui n'était pas toi. Tout ce qui n'était pas nous... Un instant bref à l'abri des yeux du monde, un instant si intense, si complet, parfait...
Un instant qui s'achève, oui.
Mais il est à moi à jamais.
A nous deux, Corso...
A nous deux...

Ne t'en fais pas si je pleure.
Vois mon sourire...
C'est lui qui compte.
Embrasse-le, mon sourire, Corso...
Embrasse-moi...
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MessageSujet: Re: Une serre   Jeu 19 Avr - 12:28

Longtemps encore, nos corps se sont répondus, et je me laisse aller contre Sibylle sans arrière pensée, goûtant juste ces instant parfaits où le parfum de l'amour nous envirronne encore, où ses cheveux embaument. Je ne peut vraiment pas me cahcer à quelle point dles barrières sont rompues, se prélassants l'un contre l'autre, guettant les derniers élancements electriques qui nous font vibrer et s'éteignent lentement. Ces moments que je voudrais sans fins, éternels, et qui s'estompe comme un rêve gris chaud et ouaté.

Elle a entrepris tout soudain de libérer le visage de Corso, ses yeux qui le cherchent, ses doigts qui jouent sur le visage taillé par le sel et le vent. La beauté n'a rien d'irréel sous les traits de cette femme qui se nourrit de lui comme lui d'elle. Il ya là un abandon qui en d'autre temps te ferait fuire, Corso. Mais qui en cette seconde, dans la serre, comme un nid chaud seulement pour vous, ne laisse planer aucun doute ni regret. Pire, le foût de sa peau sous les lèvres du marin est comme une drogue ennivrante à laquelle il veut se nourrir.

Je n'ai jamais vu femme plus femme, ses apétences charnues contre moi, sa féminité qui s'est libérée tout au long de ces instant, ne me laissent plus le choix. J'y suis enchaîné comme le fil à la patte du caméléon; prisonnier de sa douceur, de cette explorative dans la pulpe de ces doigts. Je relève mon visage, je voudrais goûter ses lèvres.

Stupeur, il s'est arrêté Corso, comme subjugué et terrifié tout à la fois. Le visage de Sibylle auréolé du plaisir donné et repris, c'est une eau-forte délicate. Mais pourquoi ses yeux s'inondent de larmes, pourquoi ? Il se trouble le marin comme perdu, inquiet. Il n'a rien compris à rien, il s'est laissé emporté et l'heure de carguer les voiles aura déjà sonné sans qu'il s'en soit rendu compte ! A quel point, il a voulu jouer et s'est brûlé au feu du regard de la petite sorcière si vive.

Tu pleure, Sibylle ! Et, je lève une main, un doigt pour venir capter une goutte diamantine qui roule sur l'ourlé de ta joue. Peau de pêche, tu pleures, mais tes yeux me sourient et m'envoutent, tes lèvres qui s'entrouvrent en un sourire de tendre complicité, mon coeur s'était arrêter, il repart comme roulement de tambour. Je t'embrasse sans rien dire, je garderais le goût de tes lèvres, tesyeux, je les veux garder qui brillent de ces larmes qui ne disent pas tout de tes angoisses passées que je sens comme bannies de toi en cet instant. Ces larmes, je les cueilles sur le velour de ta joue, au coin de tes yeux... Je veux garder aussi ce goût salé de toi, et cet instant merveilleux rien que pour nous deux.

Il l'embrasse et l'embrasse encore, tient son visage entrez ses deux larges mains, il ne veut rien perdre d'elle, consoler, tout donner. Ces instants qui s'épparpillent, xces instant qui s'éffilochent, le temps les rattrapera bientôt.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Jeu 19 Avr - 18:42

Tu as eu peur, je l'ai vu, tu n'as pas compris tout de suite.
Et tu n'as toujours pas compris, pas entièrement.
D'ailleurs comment le pourrais-tu ?...
Je ne t'ai rien dit, je n'ai pas osé.
Pourtant...

Peut-être que je le devrais.

Mais tu ne me verras plus jamais du même regard...
Tu t'éloignerais peut-être.
Je sais que ça arrivera, forcément, tôt ou tard.
Mais pas si vite, pas si tôt...

Ma quiétude s'est envolée et j'ai peur.
J'ai découvert trop de choses en trop peu de temps.
Et même si ces choses sont bonnes, je n'ai pas encore eu le temps...
C'est si dur, si dur.
Tellement plus facile de rester là, amollie, de te laisser couvrir mon visage de baiser et...

Et il le faut.
Et c'est maintenant ou jamais.

Encore un baiser, très lent...
Et puis je roule sur le côté, en te repoussant devant moi, je m'agenouille, assise sur mes talons, tout contre toi. J'ai besoin de ce contact, encore...

Je te regarde et j'essaie d'ordonner mes pensées, les paroles que je veux te dire, et tout s'embrouille... Tellement de choses en si peu de temps... Ouverte aux autres, comme ça, d'un coup, alors que je pensais crever de ne pas pouvoir assez me fermer. Ouverte et dégagée de la peur et de la souffrance, d'une heure à l'autre, sans transition. Le monde offert à moi, inespéré... La fatigue, le choc, les barrières inexistantes, et la proximité physique, immédiate, je me souviens des bras de Mike et de l'odeur de ses cheveux. Et puis l'objet brillant, lien bizarre entre nous, profond... Je n'étais pas prête... Avant même de te toucher j'étais déjà trop près de toi pour faire marche arrière. Et mon corps éveillé, criant sa faim violente... J'avais besoin de contact, j'en étais affamée, un autre aurait pu jouer ce rôle-là, mais alors ce serait resté simple, le soulagement d'un besoin physique, rien de plus. Trop peu. Rien à voir...

Parce que tu n'es pas juste un homme de hasard.
J'aurais couché avec un homme de hasard, oh oui, et comment...
Mais un homme de hasard n'aurait pas été ce que tu es.
L'esprit souple de celui qui se plie aux caprices du vent et de l'eau. L'esprit vif de celui qui doit juger, décider et agir dans la même seconde. L'esprit vaste de qui a vu tant de choses qu'il n'a pas comprises, mais qu'il a accepté, parce qu'elles étaient là, devant ses yeux. Homme fait, sculpté par la mer dans ta tête aussi.
Capable de comprendre et d'accepter ce que je suis.
Différente.
Je me suis approchée de toi en douce...
Et tu as fait le reste du chemin.
Sans affectation, sans artifices et sans fausse pudeur.
Et tu n'as pas craint de me montrer tes émotions, tes sentiments...
J'ai ressenti tant de choses de toi. Pas les choses physiques, elles ne sont qu'un support, délicieux support, mais quand même, elles ne comptent pas vraiment... J'ai ressenti les doutes, l'émerveillement, le désir, la douceur, la furie, cette complicité tacite et cette tendresse qui me submerge, et les questions qui te taraudent, je le vois... Toutes ces émotions floues, imprécises, mais tellement fortes quand même.

Et cela sans sortir de ma tête.
Sans sortir de ma tête...
Est-ce que tu te rends compte ?

J'étais humaine.
Anormale, mais humaine.
Tout le monde ressent les émotions des autres, un peu, quand il le veut.
Moi c'était trop, beaucoup plus que les autres, mais c'était quand même humain.
Et ça faisait 25 ans que je croyais que j'étais un monstre...
Je ne suis pas un monstre.
Même pas un monstre caché sous quelques fils d'un métal bizarre, planté dans mon cou...
Je viens de l'apprendre à travers toi...

Comment te dire tout ça, j'ai la gorge fermée comme un poing, je dois avoir une tête de tragédie...
Comment ?
Et si je te montrais ?


Ma main tremble, mais je la pose quand même sur ton torse. Le contact est plus net ainsi.
Plus d'hésitation...
J'ouvre...

Effrayé, oui...

N'aie pas peur...
S'il te plaît, ne me fuis pas...
Ecoute...
Comprends-moi...
Ecoute...
J'ai peur aussi...

Et l'histoire s'écoule vers toi.
Doucement, sans forcer...
Quelques fractions de secondes, vitesse de la pensée...
Tu peux reculer, refuser, t'enfuir.
J'ai peur, Corso...
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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Ven 20 Avr - 0:06

Ce dernier baiser plus long et plus marqué, il cache quelque chose, elle le repousse sans violence mais fermement. Elle roule sur le côté, se colle à lui. Corso guette quelques signes sur son visage sensuel, elle ne se cache pas. L'heure de vérité, c'est souvent ainsi que les choses se font et se défont. Qu'est-ce qu'elle va t'annoncer, vieux navigateur ? Aurais tu joué et perdu ? et puis même que regreterais-tu ? Ces instants qu'elle t'a donné resteront en toi, Corso. Calme, il relève la tête surpris de ce moment qui s'aggrave comme le prémice d'un nouveau bout de destin. Confiant, Il n'a jamais vécu minutes plus fabuleuses et riches d'émotions. Pourtant, cette petite crispation au coin de sa machoire... Ces yeux qui noircissent. Il s'en veut de s'être bien plus laissé prendre à tout ça qu'il ne le pensait.

J'attends, elle me fixe et ses yeux se plissent, tous voilés de mystère. Elle réfléchit. Contre mon flanc, sa douce chaleur. J'ai bien du travail à ne pas laisser mes yeux errer sur son anatomie ravageuse, mais je sens que les mots qui manquent à Sibylle sont trop lourds pour ne pas mériter mieux. J'attends, nerveux, je me morigène tant que je peux. Je suis flou comme un vieux nuage. Elle réfléchit, mordille ses lèvres. Parfois, son visage se transfigure, il laisse apparaître une douleur sourde. La même que je croyais avoir vu se briser tout à l'heure dans tes larmes. Qu'importe ton passé, ta souffrance, si j'en connais le moyen, je...

Mais, d'autre fois, le vieux loup lit dans les traits de la jeune femme une émotion quil le fait vaciller et sourire assez stupidement somme toute. Le contre coup de l'apaisement et d'une trop grande fatigue, on l'espère. Sibylle s'est décidée et sa main se pose sur le torse du marin, son visage douloureux n'en reste pas moins magnifique et c'est peut-être ce qui se gravera dans la mémoire de Corso. Il ne bouge pas, face à elle toujours aussi tendu qu'un arc. Le temps qui se torture, il veut parler, demander, n'en peut plus de ne pas saisir. C'est comme des millers de fil qui le pénètrent, qui scindent et sépare son esprit, témoin de quelque tour de chiromancie. Maudite île qui ne leur aura pas laissé de repos. Un coup bas ? Mais, non, car la voix de sibylle...

Ce n'est pas la voix de la petite sorcière. Et comme j'ai bien choisi son nom. Non ! C'est autre chose comme si sa pensée venait cogner dans mon crâne, en images ou sensation ou voix ? quelle importance. Terrifiante sedonde de scizophrénie. Je suis... Moi ! Je suis moi. Mais comment fait-elle ? J'ai l'impression que sa main brule contre mon coeur. Je suis comme un passager de moi-même, j'assiste impuissant aux émotions d'une vie, celle d'une femme. Elle ! Je voudrais m'échapper mais deux choses me retiennent.

Il a d'abord voulu fermer son esprit, animal traqué et effrayé. Mais, l'appel de la femme a troublé le marin : " N'aie pas peur ". Il voudrait tant ne pas avoir peur de sentir son esprit s'égarer à travers la douleur et les émotion de Sibylle. Elle est plus terrifiée que lui. Pour elle, pour cette voix qui l'implore, il force son sang à s'apaiser, son esprit à s'ouvrir et écouter. Il accroche la main de sa compagne, une main palpitante. Aussi, Corso veut connaître un peu de ce destin, ce destin terrible dont elle lui offre une partie. Comme un don, un partage que le marin n'aurait jamais cru possible. Corso lève des yeux graves et plus noirs que la nuit vers cette femme dont il rêve de prononcer le nom.

Je veux me laisser aller contre toi, petite sorcière, écouter cette souffrance qui deferle de toi en moi par un canal qui me terrifie encore, mais, ce lien. Combien elle a souffert ma petite sorcière, cette peur de toucher les gens ce don à double tranchant. Mais, je veux aussi entendre la délivrance dans ton esprit. Et aussi, ces petites piques aiguisées quand mon nom traverse ta psychée. J'ai la troulle bien sur, pire peut-être, mais, je me tiens. Tout à l'heure, le talisman, le Oôg, comme dit l'ancienne, est-ce que c'était moins dingue. Est-ce que te yeux sont moins beaux quand ils brillent encore de tes larmes... Je puise partout, on dirait bien que tes émotions me rendent flagada, un chouille. Mais, je dois bien pouvoir le dire !

Ma voix raisonne comme une vieille guimbarde qui rippe sous le dôme de la serre. Incongrue, presque inutile, mais, je ne saurais pas te parler autrement. Même quand, mes yeux accrochent l'éclat du trifouilli metalique qui s'enfonce dans ton crâne. C'est ce truc qui t'aide ? Alors, y a peut-être de l'espoir.

" Je n'ai pas peur de toi, Sibylle. Ton pouvoir est terrible, mais, tu n'es pour rien dans ce que tu es. Je ne veux pas te perdre ici ! "

Là, son dernier cri est véhément et ne dissimule rien de ses propres doutes, ni de ses certitudes.
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MessageSujet: Re: Une serre   Ven 20 Avr - 9:26

Pouvoir !

Je l'ai craché, le mot.
C'est sorti malgré moi...
Il est trop tôt, bien trop tôt pour que j'aie fait la paix avec ce truc en trop dans ma tête, même si il a cessé d'être une torture pour moi...

Mais j'ai entendu.
Les mots après "pouvoir", je les ai entendus.
Je ne comprends pas la dernière phrase.
Toi, tu as peur de me perdre ?
C'est moi qui ai peur !
Je mélange tout...

Je passe la main sur mon visage.
Je ne sais plus où j'en suis, moi, je cafouille...
Une chose seulement, il y avait de l'anxiété dans ta voix, dans ta tête, et ça je n'en veux pas. Il n'y a aucune raison que tu me perdes, ni ici, ni ailleurs, ne maintenant, ni plus tard, aucune raison. Aucune raison liée en tout cas à ce que je suis, à ce que je viens de te révéler... Maintenant nous restons piégés sur une île bizarre, et va savoir ce qui nous attend...
Allez, Sib, un effort. Parle. C'est plus difficile mais c'est mieux.
Mais je garde la main serrée sur toi. Je garde le lien ouvert. Tu sauras que tout ce que je dis est pensé, ressenti, gravé. Tu le sauras...


Je t'ai montré ça maintenant... C'était pour que tu puisses choisir. Si tu veux t'éloigner. J'aurais dû le faire avant, je sais.

J'ai la voix hachée, entrecoupée, guère plus qu'un chuchottement étouffé. Tiens le coup, Sib. Pas question de te mettre à pleurer comme un veau. Pleurer d'émotion et de gratitude, c'est une chose. Pleurer d'angoisse ou d'auto-apitoiement, t'as versé ton quota de l'année, alors ravale-moi ça tout de suite.

Voilà. Maintenant ça va, à cause de ça... un geste vague, une main glissée sur ma nuque. Mais je tenais à te le dire quand même, je voulais que tu saches, parce que...

Pourquoi ?

Parce c'était autre chose pour moi que juste se faire du bien. Je voulais...

Pourquoi ?

Pour que tu puisses comprendre que... que je ne ne connaissais rien de tout ça, pas comme ça, et même si...

Pourquoi ?

C'est difficile... je ne voulais pas que tu croies que... enfin... je t'ai un peu sauté dessus quand même et je sais que c'est bizarre et... je suis pas ce genre de fille en principe, et...

Et ?
Allez crache-le.
Admets-le et crache-le.

Inspiration. Expiration.


Je ne voulais pas que tu me prennes pour une...
trainée garce salope ... une fille qu'on renverse d'un clin d'oeil. Je ne suis pas comme ça, et... enfin... maintenant tu peux mieux comprendre...

C'est pas fini.

Et puis c'est plus honnête, j'aurais eu l'impression de te cacher quelque chose d'important...


C'est pas fini.

Et...

Allez. T'y es presque...


Et je crois que c'était pas un hasard si c'était toi... et c'est pas un hasard non plus si ce que tu penses de moi, c'est important... ni si j'avais besoin que tu saches tout... Je...

La vache... Ca accroche...

C'est un peu ridicule de dire ça si vite...
Ne va pas croire que ça te donne quoi que ce soit comme obligation...
Je...


Eh merde, ça veut vraiment pas sortir...

J'avais besoin de toi. De quelqu'un comme toi.
J'ai besoin de toi, encore.
Et aucune envie que tu t'éloignes.
Ca me ferait du mal...

Voilà...


Baisse la tête, oui tu peux, t'as pas à être fière de toi, Sibylle...
C'est quoi ces demi-mots ?
Heureusement qu'il peut sentir encore ce qui vient de toi.
Il est fin, sensible, il devinera...
... que tu n'as dit que le quart de ce que tu ressentais.
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Corso
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MessageSujet: Re: Une serre   Sam 21 Avr - 13:13

Tenir une discussion avec Sibylle quand les vannes de son esprit sont ouvertes, c'est du domaine de la folie, du dédoublement de la personnalité. En même temps que sa voix, hachée, précipitée, tente de me reveler le fond de ses pensées, je prend du vague à l'ame, submergé par le flot de ses émotions. Au début, je retse sur mes gardes, si pêrturbant ! Mais, cette île nous en a fait voir de toute les couleurs. L'utilisation du talisman, le lien qui s'est forgé un bref instant autour du corps de Maverick pour les participants... Tout à l'heure, l'acte charnel, par instant sauvage ou tout dans le don de soi, n'avait rien d'une vulgaire partie de jambes en l'air.

Ce sont les émotions de cette femme, la femme qui a vécu ses pouvoirs comme un enfer sur la terre, qui s'est sentie rejettée par les autres ! C'est ce flot qui submerge Corso quand il reçoit la vague émotionnelle de Sibylle. Il ne peut plus le craindre, ni vouloir le repousser. Il kl'attend désormais. Un lien troublant, mais qui le rapproche toujours un peu plus du lac secret de l'âme de la petite sorcière. Il grince gentiment, un sourire aigue sur les lèvres.

" Quelle genre de fille tu es, Sibylle, je m'en moque du moment que tu gardes une place pour moi. T'as vécu l'enfer sur terre, mais, t'es comme un diamant brut... On ne peut pas refaire le chemin en sens inverse. Je voudrais avoir été là pour soulager tes douleurs."

C'est dingue ! Corso s'est laissé prendre à un jeu qu'il n'aurait jamais envisagé avant de rencontrer Sibylle. Autrefois, amarres larguées, il aurait gardé au fond de sa mémoire un souvenir fugace et léger d'une nuit d'amour, d'un temps où un homme et une femme se seraioent donnés l'un à l'autre, sans arrières pensées vmais sans avenir aussi. Et là cela ne joue plus dans la même cour ! Le voilà qui rue dans les brancarts, qui promet de la garder contre lui, qui supplierait presque qu'elle lui laisse une tite place. Merde, c'est le monde à l'envers. Mais, ce flot de souffrance qu'elle lui fait partager, ces yeux qui se cachent une secondes pour mieux venir le cueillir ensuite. Il se sent con comme une vache. alors, il gromelle, mais le coeur est déjà trop gravement pincé. Ce flot d'émotion qui émane de Sibylle, c'est un partage qu'il n'aurait jamais cru connaître.

" comment aurais-tu fais pour me le dire avant ? Je t'aurais tout juste cru. Mais, aujourd'hui, sibylle, là, maintenant, c'est différent. On est ensemble, c'est ce qui compte... "

Il est pincé au coeur et au tripe, le marin buriné, valdingué pensées rationnelles et raison gardée, que du vif du terrible, il ne sait comment lui dire mais il se doute qu'elle saura mieux comprendre en lui peut-être que lui même. Disparu de son crâne, les grands horizons ? Pas du tout, juste qu'il vezut sentir une présence à ses côtés pour les partager. Sibylle, l'Ile est peut-être un accélérateur de particule mais dans cette seconde, il sait le marin, ce qu'il veut et comment le garder.

Doucement, ma main caresse la joue de cette femme. Doucement je comble le vide physique qui nous sépare afin d'accrocher tes lèvres dans un baiser qui remplit mes silences et comble mon incapacité à formuler le fond de mes pensées tournoyantes.

" On devrait peut-être rejoindre les autres ? Y a pas un festin prévu pour nous remettre d'aplomb ? J'ai une faim de loup ! "

Ca va surement briser ces instants de quiétude, mais, on a plus le temps de dormir, et si on ne mange pas, je donne pas cher de nos peaux !
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Sibylle
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MessageSujet: Re: Une serre   Sam 21 Avr - 16:41

C'est un cadeau qu'il me fait, et je n'en ai jamais reçu de plus précieux...
J'ai les oreilles qui bourdonnent comme il me répond, mais je n'ai pas besoin d'entendre clair, sa main dans la mienne, je lis les mots avant même que ses lèvres ne les prononcent.
Les images, je les vois...
Les autres femmes, laissées en arrière sans regret, je les vois.
Et moi... Là, au centre, je me vois, et je sais que je ne suis pas comme elles.
Il se souvient d'instants d'elles. Il attend un avenir de moi... Un avenir qui danse sur une immensité horizontale, plus vaste qu'aucun regard.

L'image qui lui traverse l'esprit, je la retiens dans le mien. La mer. Et nous.
Je la prends en moi, cette image. Je l'enferme dans ma mémoire, en sécurité.
J'ai les yeux vrillés dans les siens. Graves. Sérieux.
Je sais. Il sait. C'est suffisant.
Il scelle ce savoir d'une caresse, d'un baiser lent et doux. On le partage quelques secondes, le contact est plus net encore, plus complet... Nous savons... Nous voulons... Et on se battra ensemble pour y parvenir. Les mots sont superflus désormais.

Il semble s'éveiller d'un rêve, et il suffit qu'il parle de manger pour que je me découvre une fringale insupportable. Je crève de faim. Et s'il est question de trouver le moyen de filer de cette île maudite, se remplir le ventre vient en priorité 1, avec dormir quelques heures.

Je lui souris, largement.


Et comment... Et pourvu qu'on ne croise personne en chemin, je lui mangerais un bout de fesse sans aucun scrupule ! On y va ?


Debout tout le monde ! Quelques secondes pour retrouver nos oripaux respectifs et les enfiler prestement... Je sens son regard qui me glisse dessus comme je me faufile dans mon jeans... dans le même état que précédemment, bien sûr, c'est-à-dire... Bon, passons. Je suis couleur pivoine une fois de plus... Je n'avais pas vraiment réalisé le côté sexy de la chose avant de voir l'éclair de luxure qui lui fait étinceler le regard. Ouffff... Frisson dans le dos. Mais c'est pas vrai ! Arrête de me regarder comme ça ou on ne mangera pas avant un bon moment, je te préviens...

Voilà. Décence retrouvée pour tous les deux. Il est coiffé comme un dessous de bras, mon marin... Je lui remets un peu les cheveux en place, en passant mes doigts dedans. Mieux. Et parfaite occasion de lui coller un bécot sur les lèvres. C'est tout, Sibylle !! Allez, en route.

On quitte la serre quelques secondes plus tard... Je laisse mes yeux glisser sur le décor... La nuit est presque tombée, il fait très sombre... Ca n'en reste pas moins magique, comme endroit. En tout cas c'est comme ça que je m'en souviendrai...


(vers le festin...)
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