Taverne de l'imaginaire

[Laissez votre imagination vous guider au travers des différents jeux de rôles mêlant passé, présent et futur]
 
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 Confrontation au bord de l'eau

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Dalia
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MessageSujet: Confrontation au bord de l'eau   Mer 22 Juin - 17:46

Lame contre lame, les coups se contrent avec violence. L’assassin tente une feinte vers la droite afin de déstabiliser son adversaire, mais la silhouette encapuchonnée réagit vivement en s’écartant au dernier moment. L’acier qui devait transpercer la chair ne rencontre que le vide. La contre-attaque vient, immédiate. L'ennemi glisse, rapide comme une ombre, sur le côté de l’assassin. Celui-ci pare l’épée qui file vers lui, mais ne vois pas venir la dague tenue par l’autre main qui plonge dans son flanc gauche. Assommé par le choc de la blessure, l’assassin tombe à genoux devant son adversaire encapuchonné. Une main se tend vers lui, révélant des lignes bleutées sur la paume qui se mettent à luire.

« Ne t’en prend plus jamais aux miens, sinon tu auras de nouveau affaire à moi et je serais beaucoup moins douce, crois-moi, tonne une voix féminine sortant du capuchon »

Les doigts se replient, rompant le sort en préparation. Profitant de ce répit, l’assassin blessé se lève brusquement et détale à travers la plaine, compressant son côté gauche sanguinolent. Rabattant son capuchon sur ses épaules, la femme le suit des yeux, son regard gris dur comme l’acier. Une fois que l’homme est hors de vue, elle laisse échapper un soupir de lassitude. Baduk est peuplée de trop de tire-bourses et de coupe-jarrets à son goût.

Savage Léïlo rabat sa cape sur le côté, libérant ainsi deux superbes ailes blanches et prend gracieusement son envol dans le ciel sombre. La nuit est tombée sur les terres argentées, faiblement éclairée par le croissant lunaire. La chaleur de la journée persiste encore, même à cette heure tardive, transformant la fraîcheur nocturne en une douceur agréable.

Du ciel, Savage aperçois un petit bosquet familier. Elle sait que caché entre les arbres coule une petite rivière dans laquelle elle pourra se laver du sang de son ennemi. Elle descend doucement vers le sol, ravie de cette petite trêve.

Arrivée à l’orée du bois, Savage tend l’oreille afin de voir si quelqu’un rôde aux alentours, mais le silence est seulement troublé par la vie nocturne de la nature. Rassurée, L’ange pénètre dans le bosquet, se dirigeant tant bien que mal dans l’obscurité en suivant le doux murmure de l’eau. Soudain, une trouée parmi les feuillages permet à un rayon de lune de s’infiltrer, baignant l’atmosphère d’une aura presque mystique. A quelques pas de là, la rivière coule joyeusement, jouant avec le reflet du croissant de lune.

Posant ses affaires près du lit du court d’eau, l’ange en extrait le matériel nécessaire afin de nettoyer son armure, ses armes et ses vêtements. S’approchant du bord de l’eau, Savage se met à chantonner un air ancien, appris au coin du feu avec les siens, autrefois. Elle commence par débarrasser son armure de tout le sang qui la souille, puis l’enduit de graisse. Puis vient le tour des armes, qui sont fourbies amoureusement. L’épée retourne dans son fourreau, posée à côté de la cuirasse, tandis que la dague rejoint sa place, contre la cuisse gauche de l’ange.

Après avoir quitter ses vêtements de voyage, Savage les lave vigoureusement, transformant quelques instant la petite rivière en un flot rougeâtre, mais les dernières traces de sang finissent par disparaître, aussi bien sur le linge que dans l’eau. Trouvant une branche appropriée, Savage y dépose ses vêtements trempés afin de les laisser un peu sécher.

Observant tout autour d’elle, l’ange s’assure que le bois est bien désert, puis se débarrasse de ses derniers vêtements qu’elle jète négligemment sur le sol, révélant ses formes féminines. Tout en continuant à chanter, elle entre doucement dans l’onde glacée. L’eau coule sur son corps, la débarrassant des tensions de la journée, tandis que sa fraîcheur la revigore. Savage dénoue délicatement sa natte et libère ses longs cheveux. Comme à chaque fois, ce geste finit de la détendre. Profitant du courrant et de la profondeur de l’eau, l’ange exécute quelques brasses, puis se lave vigoureusement et sort de la rivière, laissant les gouttelettes d’eau courir le long de son corps. Elle s’allonge alors sur sa cape et laisse tranquillement sécher les plumes de ses ailes. Son chant se répète encore, se mariant avec l’animation nocturne de la petite forêt.

Soudain, un bruit suspect attire son attention. Quelqu’un approche ! Le silence se fait dans le bosquet. L’épée et les vêtements de l’ange sont trop loin pour qu’elle les récupère sans se faire remarquer, mais il lui reste son poignard. Elle le sort doucement de son étui et se dissimule derrière un buisson, profitant de l’obscurité ambiante. D’un coup d’œil, elle vérifie que ses vêtements sont suffisamment loin pour ne pas attirer l’attention. A quelques mètres de là, les oiseaux s’envolent, dérangé par l’arrivée de l’intrus. Savage Léïlo commence à distinguer sa silhouette. C’est un homme de grande taille, plutôt bien bâti. Son épée est dans son fourreau, mais la main droite de l’homme est serrée sur la garde. L’ange s’enfonce encore un peu plus dans le buisson qui lui sert de cachette, afin de se dissimuler au regard de l’intrus.

L’inconnu passe devant sa cachette sans la remarquer et se dirige vers la petite rivière, lui tournant ainsi le dos. Elle bondit alors et se rue sur lui afin de ne pas lui laisser le temps de réaliser. Elle saisit la gorge de sa main droite, compressant le larynx du pouce et la jugulaire du majeur afin de faire s’asphyxier son adversaire et de le mettre à sa merci, quelle que soit sa force. En signe d’avertissement, la dague tenue par l’autre main s’approche de l’œil de l’intrus. Les lignes des ses mains raisonnent en écho à sa colère et luisent d’une douce lumière bleue

« Ne bouge pas ! Sinon la dernière chose que tu verras, c’est ma lame entrant dans ton crâne »
L’homme est beaucoup plus grand qu’elle, pourtant il ne cherche pas à se débattre. Ses yeux sont rivés sur la lame suspendue à quelques centimètres de sa tempe. Des gouttes d’eau glissent le long du poignard et tombent sur son épaule et sur son visage.

« Si c’est mon argent que vous voulez, vous braquez la mauvaise personne. Ma bourse est vide et je n’ai rien de valeur sur moi, dit l’inconnu d’une voix calme et douce.
-Je ne veux pas votre or. Je veux savoir ce que vous faites ici ? Répond froidement l’ange.
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Dalia
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MessageSujet: Re: Confrontation au bord de l'eau   Mer 29 Juin - 0:27

Le contact de la lame froide sur sa peau le laisse de marbre. Cette voix, il la connaît...
Calmement, il pose ses mains à sa ceinture et la décroche, laissant tomber au sol ses armes.

- Il me semble que lors de notre dernière rencontre, vous étiez animée de sentiments beaucoup plus pacifistes...


Surprise par la phrase de l'inopportun, Savage fouille dans ses souvenirs. Cette voix... Non! ce peut-il que...

- Abaddon? Je ... pardonnez-moi. Vous m'avez surprise et j'ai réagi par instinct.


Pourtant, malgré les excuses, la lame et la main de Savage se maintiennent, menaçantes, sur le visage d'Abaddon. Une aura bleue commence à rayonner doucement de la paume de l'ange, faisant devenir sa main glaciale.

Lentement, le démon se retourne vers la jeune femme, plantant son regard dans le sien. Le changement d'attitude de Savage le surprend. Tentant de l'apaiser, il lui murmure calmement.

- Tout va bien, je ne suis pas ton ennemi...

Il pose doucement sa main sur la sienne et écarte le poignard de son visage.
Tétanisée, l'ange remarque la peau bleuie, dans le cou d'Abaddon. Son regard descend sur ses propres mains, froides comme la mort. Dans un geste désespéré, Savage laisse tomber son poignard, observant ses mains de plus en plus froides.

Un léger tremblement commence à la secouer, comme si le froid la gagnait toute entière. Soudain, un frisson plus violent la fait s'effondrer sur Abaddon. Levant doucement les yeux vers le visage de celui, elle lui adresse le regard de défi auquel elle l'avait habitué jusqu'ici, afin de cacher son trouble.

- Je sais que je ne dois pas vous craindre, mais je ne pensais pas que celui que je prenais pour un voyeur était le seigneur que j'avais croisé sur ces terres il y a quelques temps.

Le corps glacé de Savage dans les bras, le démon ne détache pas les yeux de son regard brillant.

- Je suis désolé d'avoir dérangé ta baignade, il m'arrive très souvent de me promener par ici pour tenter d'y trouver le repos de l'esprit.

Posant sa main sur son front, il sent le froid envahir la jeune femme. Chaque bouffée d'air qu'elle expire laisse apparaître un petit nuage de vapeur dans l'air. Inquiet, il lui murmure :

- Que t'arrive-t-il Savage ?

- Rien, il fait un peu froid, c'est tout. D'ailleurs, si vous le permettez...

L'ange baisse le regard sur son corps dévêtu, puis lance un regard malicieux à Abaddon. Malgré le sourire qu'elle s'efforce de plaquer sur son visage, les lèvres tremblent.

- Couvre-toi Savage, je t'en prie.

Il la regarde se détourner de lui et contemple ce corps parfait qui peu à peu se cache sous des étoffes. Troublé, il détourne le regard vers le lac, désireux de ne pas la gêner. Savage surprend le regard du Démon.

-Ne soyez pas si gêné voyons! Ce n'est sûrement pas la première fois que vous voyez une femme nue. En plus, je sais que vous n’avez pas de mauvaises intentions à mon égard.

L'ange lui lance un clin d’œil, vite avorté par l'arrivée d'un nouveau frisson. Déstabilisée, elle s'appuie sur un arbre tout proche, reprenant son souffle. Son regard s'agrandit soudain à la vue de l'écorce qui se couvre peu à peu de givre. Un nouveau spasme la secoue, la faisant tomber au sol.

Abaddon s'agenouille rapidement et la prend dans ses bras. La température de son corps ne fait que chuter. A son contact, les bras du démon semblent commencer à s'engourdir. Il lève les yeux vers l'arbre maintenant entièrement couvert de givre.

Sans hésiter, il se lève, portant dans ses bras le corps de Savage déjà presque engourdi par le froid. Ses muscles lui font mal, ils se tétanisent peu à peu. Tout en se dirigeant rapidement vers l'auberge toute proche, il lutte pour ne pas être totalement envahi par le froid.

Il se penche vers elle et lui glisse à l'oreille :

- Bats-toi Savage, bats-toi, ne sombres pas...

Savage sent le froid la gagner totalement. Même son sang semble se glacer dans ses veines. Un rire étrange se met à raisonner dans son esprit, en contraste avec la voix apaisante d'Abaddon. Le rire se transforme en une chanson, sorte de complainte sombre. Incapable de résister à l'étrange présence, Savage se redresse brutalement et se met à fredonner la litanie, ses yeux gris grand ouvert prenant des reflets de glace.

Le chant que murmure Savage laisse penser à Abaddon que le délire commence à prendre possession de son corps glacé. Il entre rapidement dans l'auberge, sans adresser le moindre regard aux occupants et monte rapidement à l'étage. Il lance un coup pied dans la première porte qu'il rencontre et pénètre dans la chambre.

La chaleur de la cheminée contraste avec le froid dégagé par la jeune femme. Il la dépose lentement au sol puis l'enveloppe dans les couvertures posées sur le lit.

Abaddon pose ses mains sur les tempes de la Savage, de plus en plus inquiet.
Il se concentre et implore Orus de lui venir en aide, de sauver cette jeune femme d'un mal face auquel il se sent impuissant.

- Reste avec moi Savage.

Le visage de Savage devient dur. Elle écarte violemment les mains du démon, se lève et lui fait face, lui jetant un regard assassin.

- Comment oses-tu me toucher, démon!

D'un geste vif, l'ange se jète sur Abaddon, le visage déformé par un rictus de haine. Elle saisit la gorge du démon et la sert entre ses mains glaciales.

- Tu mourras d'avoir seulement oser poser les yeux sur moi!
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Abaddon
Démon Majeur
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MessageSujet: Re: Confrontation au bord de l'eau   Jeu 7 Juil - 12:29

Savage resserre l'étreinte autour du cou d'Abaddon, dont le visage se met à bleuir. Tentant une prière, il invoque une nouvelle fois Orus.

- Ton Dieu ne peut rien pour elle, être infâme!

Un rire abject secoue les épaules de l’ange. Soudain, le regard de Savage change. Les yeux redeviennent farouches.

-Non, dit l'ange, déterminée.

L'étreinte autour du cou d'Abaddon se desserre doucement, alors que celui-ci commence à suffoquer.

Elle pousse violemment le démon dans un coin de la pièce. Son corps est repris de tremblement et se cambre soudain. Un hurlement qui n'a rien d'humain s'échappe de la gorge de Savage, tandis que son corps retrouve une température normale.

Alors que les spasmes cessent, elle s'effondre, genoux sur le sol.

- Je suis désolée... je…

Ne parvenant pas à finir sa phrase, l'ange éclate en sanglot. Abaddon porte ses mains à son cou qui porte encore les traces de doigts de Savage. Il a fait le serment à Orus de ne jamais attaqué une femme et l'a une nouvelle fois respecté. Pour cela, il a failli y laisser la vie.

Il s'approche lentement de Savage et écarte du pied le poignard de la jeune femme posé au sol. La serrant dans ses bras, il tente de l'apaiser.

- Calme-toi Savage, tout est fini...

Il lui laisse quelques minutes pour reprendre ses esprits.

- Que s'est-il passé ?

- Je l'ignore. Il... elle était là. Sa chanson... elle disait que je lui appartenais... que je devais plier.

Dieux, j'ai failli vous tuer!


Observant les lignes à l'intérieur de ses paumes, l'ange se rend compte qu'elles sont redevenues passives. Elle essuie les larmes qui coulent sur son visage et plonge ses yeux dans ceux du démon

- Il se passe des choses qui me dépassent, sur lesquelles je n'ai aucune emprise. Une fois déjà, j'ai sombré dans la folie. Je pensais que ce serait la dernière. Il semble que je me sois trompée.

Se dégageant doucement de l'étreinte d'Abaddon, Savage lui sourit doucement.

- Je suis dangereuse. je crois que je suis... un monstre...

Abaddon, après quelques secondes de réflexion, tenta de la rassurer.

- Toi, un monstre... * souriant * Tu n'es pas sérieuse...

Son visage s'assombrit. Il l'invite à s'asseoir sur le bord du lit et s'agenouille devant elle.

- Parle-moi de cette voix

S'asseyant à côté d'Abaddon, Savage tente de décrire la voix qui la tenait sous son emprise quelques minutes plus tôt.

- Elle n'a rien de normale. Ni vraiment féminine, ni masculine, c’est comme si des milliers de personnes s'exprimaient dans un ensemble si parfait que l'on n'en distinguerait qu'un seul son unique. Elle attire autant qu'elle répulse. Elle s'est mise à fredonner, puis à chanter de plus en plus fort. Son chant avait atteint une telle intensité qu'il m'était impossible d'y résister.

L'ange s'interrompt voyant le démon perdu dans ses pensées.

- Abaddon? Quelque chose ne va pas?

- Tout va bien Savage, tout va bien. J'essaie juste de comprendre... Les voix que tu entends me rappelle une chose..... horriblement étrange.

Il fronce les sourcils.

- J'ai, il y a très longtemps, traversé un lac duquel émergeaient des cris, des plaintes... Arrivé au milieu de l'étendue bleue, je me suis penché au-dessus de l'eau et le spectacle que j'ai découvert était D'une monstruosité insoutenable. Ce que je prenais pour de l'eau n'était qu'en fait qu'un mélange immonde de corps liquéfiés.

Il reprend son souffle, perturbé, puis reprend...

- J'ai su bien plus tard que ces personnes avaient subi la malédiction d'un démon, condamné à être enfermés à jamais dans leur... prison

- Tu crois que ce qui m'a possédé a un rapport avec ce lac ?

Voyant naître sur le visage d'Abaddon les ombres du souvenir, Savage pose sur son épaule une main bienveillante.

- Saurais-tu me décrire l'endroit? Il n'y a peut être aucun lien avec tout cela mais je veux en avoir le cœur net.

- Ce lac ne se trouve sur aucune carte. Il est gelé la plupart du temps, seul quelques jours de chaleur en été permettent aux âmes emprisonnées de rester en vie, cruel délice que de respirer l'air frais... Il se trouve au Nord Est de la région de Baduk. Mais es-tu certaine de vouloir y aller ?

Il lui prend doucement la main, rassurant.

- Cette région est des plus inhospitalières...

Savage sert doucement la main du démon dans la sienne.

- Oui Abaddon, j'en suis certaine. Il y a trop de mystères irrésolus dans ma vie. Je suis lasse de me battre contre des voix, des fantômes et des cauchemars. S'il y a une seule chance pour que je puisse me sortir de tout cela.

La mine renfermée, Savage se remémore l'un de ses cauchemars, dans lequel elle était enfermée dans une prison de flammes étranges. Un frisson la parcourt lorsqu'elle se rappelle ce qui c'était produit à son réveil : ses mains avaient brûlé ses draps et un immense incendie avait ravagé une partie de la forteresse. Il n'y avait eu aucun blessé, mais il s'en était fallu de peu.

- Que se passera-t-il d'autre si je ne fais rien pour reprendre le contrôle? Abaddon, il faut que je découvre ce qui est à l'origine de tout ça. Si des réponses sont cachées dans ce lac, alors je les trouverai. Mais pour cela j'ai besoin que tu me dise où je peux le trouver.

Savage se lève et commence à faire les cents pas dans la pièce tout en parlant, puis elle s'arrête et plonge son regard dans celui du démon.

- Aide-moi Abaddon! Je ne te demande pas de m'accompagner, tu as sans doute mieux à faire, mais dis moi au moins où se trouve ce lac maudit, quelque soit ce que je pourrais y trouver.

Il lui tend la main, l'invitant à se calmer.

- Si tel est ton choix, je t'accompagnerai à ce lac... Laisses moi quelques jours, je dois prévenir S...

Il se ravise et s'arrête au milieu de sa phrase.

Surprise de voir le démon rougir, Savage lui prend la main et lui adresse un sourire chaleureux.

- Pardonne-moi Abaddon, j'agit en égoïste. A trop vouloir résoudre les problèmes qui me pourrissent la vie, j'en oublie que les autres en ont une aussi. Un tel voyage ne se décide pas sur un coup de tête. Si tu tiens vraiment à venir avec moi, alors rejoint moi dans quatre lunes à l'endroit où nous sommes rencontrer aujourd'hui. Est-ce que cela te laisse assez de temps pour prévenir la jeune femme aux cheveux d'argent ?

A ces mots, il pose son doigt sur les lèvres de Savage, l'empêchant doucement de lâcher le nom de la jeune femme. Il lui sourit puis ramasse son sac.

- Je part sur le champ la prévenir... Je serai de retour, dans quatre lunes, et je t'aiderai Savage. Tu as ma parole.

- Salue-la de ma part.

Savage fait un clin d'œil au démon. Elle ramasse à son tour ses affaires et se dirige vers la sortie de l'auberge, Abaddon sur ses talons. Arrivée à l'extérieur, elle se retourne vers le démon et plonge ses yeux aciers dans ceux du démon.

- Dans quatre lunes, Abaddon...

Elle lève sa main droite vers le visage du démon et dirige le bout de ses doigts vers son front.

Elle effleure le visage d'Abaddon, sans le toucher, exécutant un signe étrange, puis elle se détourne et rabat sa cape vers l'arrière découvrant ses deux ailes blanches et prend son envol.
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Dalia
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MessageSujet: Re: Confrontation au bord de l'eau   Mar 12 Juil - 20:39

Le disque lunaire éclaire la nuit pour la quatrième fois. Un doux son de flûte filtre depuis le petit bosquet, étouffé par le bruit du vent dans les feuillages. Assise sur une branche surplombant le ruisseau, Savage attend l'arrivée d'Abaddon, jouant doucement de sa flûte, pour tuer le temps.

Elle repense aux évènements de ces quatre derniers jours, la préparation du voyage, les cauchemars à répétition, les avertissements de sa sœur. L'ange sent son cœur se serrer sous le coup de l'appréhension, de la peur et de l'excitation mêlées. Soudain, le bruit sec d'une branche écrasée attire son attention.
Abaddon se laisse guider par la douce musique. Quelques minutes plus tard, il s'arrête au pied d'un arbre et relève lentement la tête. Déposant son sac au sol, il adresse un sourire nerveux à Savage.

- Tu es toujours certaine de vouloir aller la-bas ?

- Oui Abaddon. Plus que jamais. Même si cela ne mène à rien, au moins j'aurais tenté. Et toi Abaddon, es-tu certain de vouloir venir?

L'ange déploie ses ailes et se laisse tomber de la branche, atterrissant lestement sur le sol. Se relevant, elle plonge, comme à son habitude, son regard couleur d'acier dans les yeux d'Abaddon, attendant sa réponse. Le démon fixe la jeune femme. Son regard en dit long sur sa détermination.

Il se baisse et ramasse son sac et tend l'autre main a Savage.

- Dans ce cas, allons-y, la route est longue est dangereuse, nous n'avons pas de temps à perdre.


Savage regarde la main tendue vers elle. Elle lève un sourcil, pensant qu'on ne lui a plu donner la main depuis son enfance. Puis, elle chasse cette idée d'un haussement d'épaule et glisse sa main dans celle du démon, un sourire se dessinant sur son visage.

- Alors en route!

Rabattant sa cape sur ses ailes, Savage lui emboîte le pas. Ensemble, ils sortent du bosquet et prennent une route marchande en direction du Nord.

La route menant au lac des âmes est longue et dangereuse, les deux compagnons marchent toute la nuit d'une allure à faire pâlir les meilleurs coursiers.

Au petit matin, Abaddon s'arrête au pied d'un arbre dont l'écorce est entaillée, écorchée, griffée. De larges plaies laissent suinter de la sève d'une couleur rouge très surprenante... un rouge sang...

Il s'approche lentement et pose ses mains sur le tronc, observant l'écoulement de la sève. Les mains couvertes de sang, il s'approche de Savage et tendit le bras vers l'arbre.

- Vois ce sang... Cet arbre ne vit que par le sang des âmes emprisonnées dans le lac.

D'un geste brusque, il sort l'épée de son fourreau et coupe la branche la plus basse. Le spectacle qui apparu alors fut d'une rare cruauté. Des jets de sang jaillissaient de la nouvelle plaie à un rythme régulier, comme le sang expulsé d'une veine humaine. En arrière plan, le lac apparaît, le gris de l'eau contrastant avec le rouge du sang.

Abaddon tend la main vers le lac et regarde Savage, crispé par les souvenirs.

- Nous y sommes..

Subjuguée par ce spectacle peu commun, Savage reste muette, les yeux rivés vers l'étendue apparemment calme. Fixant toujours le lac, L'ange enlève un de ses gants et pose sa paume ouverte sur la plaie sanguinolente de l'arbre. Le moignon végétal se contracte et se flétrit à ce contact. Prenant conscience de son geste, Savage regarde, effrayée, sa main couverte de sang.

Le liquide rouge et visqueux coule le long de son poignet, dessinant des motifs lugubres sur son avant-bras. Un changement s'opère alors en elle, la détermination succédant soudain à la crainte. Après un dernier regard lancé à Abaddon, l'ange se dirige vers le lac d'un pas décidé, ne reculant ni devant les volutes de brumes nauséabondes, ni devant les créatures aux yeux pourpres qui se tapissent sur son passage.

Arrivée près du bord, L'ange risque un coup d’œil sur la surface. Ce qu'elle y voit lui glace le sang. Malgré ce que lui avait dit Abaddon, elle n'avait pas imaginé tant d'horreur. Ce qui sert d'eau à ce lac est en fait composé de millier de corps liquéfiés, en éternel mouvement. Des rictus de terreur sont peints sur chacun des visages, ou ce qui y ressemble, les membres putrides se mêlent, s'entrecroisent, comme les fils d'une tapisserie faite de douleur et de souffrance.

Paralysée d'effroi par le spectacle qui s'étend à ses pieds, Savage reste immobile à contempler l'étrange bouillon, ne sentant pas la présence qui s'approche doucement d'elle.
D'un faux calme, Abaddon scrute les environs. La dernière fois qu'il avait mis les pieds ici, il avait fait une rencontre aussi étrange que dangereuse...

Soudain, des sons étranges émergent du lac, les visages se tordent de douleur, des voix aiguës envahissent les abords du lac de leur plaintes douloureuses. Des mains liquides sortent de l'eau, semblant appeler à l'aide.

Abaddon attrape soudain Savage par les épaules et l'oblige à reculer, basculant au sol avec elle. Les pieds encore humides, la jeune femme vient d'échapper à un bien triste destin... Les mains liquides s'effondrent dans l'eau comme des vagues qui s'échouent sur la grève.

Savage retrouve peu à peu ses esprits. Elle se redresse et tourne les yeux vers Abaddon. Le démon y lit de la curiosité, là où aurait du se trouver de l'effroi.

- Que sont ces créatures Abaddon?

La voix de l'ange est étrangement douce, comme si le son venait de très loin. Ses yeux se promènent du lac, qui semble la fasciner, au démon inquiet

- Tant de douleur, de désespoir... L'as-tu senti? elles hurlent leur douleur pour briser le sceaux de leur souffrance, elles appellent à l'aide, elles...


L'ange s'interrompt et regarde sa main droite toujours ensanglantée, cherchant une explication. Le sang commence à sécher laissant à peine apparaître la lueur bleue des lignes qui gravent ses paumes.

- Abaddon, toi qui es démon, qui a connu les enfers, tu devrais savoir ce qu'est cet endroit. Dis-moi ce que tout cela signifie. D'où sort ce lac, ces arbres de sang?

Toujours allongé dans l'herbe, il la regarde, hésitant à lui révéler la vérité sur ces lieux immondes. Abaddon se relève lentement et s'agenouille près de Savage.

- Il existe un lieu appelé les Lymbes, sorte de passage entre la vie terrestre et l'au-delà. Ces lieux emprisonnent les âmes des malheureux qui sont choisis pour leur ardeur au combat, leur force ou leur folie. Ils restent prisonniers jusqu'à ce que le maître des lieux décide de les envoyer en enfers, les libérant ainsi de leur fardeau. Ceci n'arrive que lorsque le gardien décide d'accorder son soutien à un roi en quête de puissance, un héros en manque d'aventure...


Il reprend son souffle, et poursuit :


- A des fous qui ne savent pas ce que c'est de pactiser avec les enfers. Le gardien des lymbes n'accepte de libérer des âmes qu'a une seule condition, qu'on lui fournisse de nouveaux jouets. Je me souviens d'un roi, désespéré de voir son château assiégé, ayant demandé l'aide du gardien. A la fin de la bataille, le roi était victorieux, l'ennemi était repoussé... mais à quel prix... La fille du roi fut le présent qu'emporta le gardien dans son repère, la condamnant à la souffrance éternelle.


Le visage glacé d'effroi, Abaddon fixe Savage dans les yeux.

- Nous sommes ici dans le domaine du gardien. Ce lac n'est qu'un aperçu terrestre de ce que son les lymbes...

- Le domaine du gardien... dit l'ange dans un murmure, j'ai entendu pas mal de choses sur les Lymbes lorsque j'étais enfant, mais j'ai toujours pensé qu'il s'agissait de légende.


L'ange soutient le regard du démon. Elle sent le lac tout proche, renfermant les âmes des prisonniers du gardien, elle sent raisonner sa propre âme au rythme des flots maudits. Prenant conscience du trouble qui anime Abaddon, l'ange porte une main à sa bouche, alors qu'elle comprend l'idée qui germe dans son esprit, puis elle la retire lentement et elle sonde le visage du démon, à la recherche d'un espoir et n'y trouve que de l'incertitude.

- Penses-tu qu'il y a un lien entre moi et ce lac? Suis-je une de ses âmes maudites, jouets du Gardien?

Il prend les mains de Savage et les serre.

- J'en ai bien peur... Ce que tu entends, cet esprit qui prend possession de toi de temps à autre, cela ressemble tout à fait aux fourberies de ce monstre. A de nombreuses reprises, il a volé l'âme de personnes bien vivantes. Le fait que tu sois un ange semble le freiner mais il faut trouver une solution... et rapidement. Tes origines ne pourront pas te protéger éternellement.

Une rage sourde commence à bouillonner dans les veines de Savage. Les lignes de ses mains se mettent à rayonner doucement. Devant cette réaction pourtant habituelle, Savage retire vivement ses mains de celles d'Abaddon.

- Il a fait de moi un monstre... un jouet. Et quant il aura fini de jouer, a qui s'en prendra-t-il? A ma sœur? Je ne le permettrai pas! Personne ne possède la clé de mon âme.

Laissant libre court à sa fureur, l'ange se redresse et se rue en direction du lac. Avant qu'Abaddon n'ait pu réaliser, elle plonge dans les lymbes à la recherche de son bourreau.

- SAVAAAAAAAAAAAAGE

Le démon hurle en voyant la jeune femme plonger dans cette masse informe, liquide immonde, répugnant... Il se précipite à son tour et plonge dans les méandres du lac. Les visages déformés par la douleur viennent hurler devant lui, des mains le saisissent. Combien y en a-t-il ? Dix, cent... ? Impossible à dire tellement elles sont nombreuses. Au loin, il aperçoit un corps en train de se débattre, victime impuissante... La robe bleue qui habille la prisonnière contraste avec le gris qui l'entoure * Savage... * Il tente de se dégager mais... impossible.

Un éclair de lucidité frappe le démon. Comment fait-il pour respirer ? Respire-t-il encore où est-il déjà mort ?

Voyant que ses agresseurs l'emmènent dans la même direction que Savage, il se laisse aller, tentant de garder ses forces pour plus tard...

Les âmes prisonnières les tirent, les poussent, les entraînent vers le fond du lac. La pression de ses êtres se fait de plus en plus forte, enserrant l'ange et le démon de leurs membres liquéfiés. Luttant toujours contre ses assaillants, Savage aperçoit du coin de l’œil Abaddon qui se laisse entraîner par le flot.

- Abaddon, pourquoi m'as-tu suivie, pourquoi risquer ta vie ainsi, pense l'ange, désespérée.

La poussée des âmes se fait toujours plus forte, l'asphyxiant. Le manque d'air la fait suffoquer. Peu à eu sa vue se brouille et ses forces la quitte, alors qu'elle sombre doucement dans l'inconscience, voyant le démon qui l'accompagne inexorablement.

Le démon voit les yeux de Savage se fermer, sa tête basculer, son corps semble vidé de force, vidé de vie. Entrant dans une rage démoniaque, Abaddon essaie de se défaire de ses agresseurs, pendant de longue minute, mais la lutte est inutile. Plus il se rapproche du fond du lac, plus ses forces le quittent, inexorablement. Il s'abandonne, impuissant et ferme les yeux, rongés par le regret d'avoir emmené Savage dans cet enfer, par le désespoir de ne plus revoir Shakti... Sa tête bascule, l'emportant dans un coma profond.
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Dalia
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MessageSujet: Re: Confrontation au bord de l'eau   Ven 15 Juil - 12:48

Savage émerge la première de l'inconscience. Son corps reprend peu à peu vie. Chaque muscle se réveille douloureusement, comme montrant son existence dans le corps de l'ange. Elle ouvre lentement les yeux. La pièce dans laquelle elle se trouve ne lui est pas du tout familière. Un plafond rond surplombe une salle circulaire. Le tout semble creuser dans la roche. Alors qu'elle tente de se redresser pour détailler les lieux, Savage découvre qu'elle est incapable de bouger, son corps entravé, retenu contre le sol froid et humide. En un éclair, les souvenirs de la lutte avec les "eaux du lac" lui reviennent.

- Au moins je suis toujours en vie, c'est toujours ça de gagner, pense-t-elle. Abaddon? Où es-t-il ? Il faut que je me sorte de là.

Serrant ses cuisses l'une contre l'autre,L'ange découvre que le harnais qui retient d'habitude sa dague sur sa cuisse lui a été enlevé.

- Bordel!

Fermant les points, l'ange se rend comte que ses mains ont été entourée de linges crasseux.

- C'est répugnant!!

- hum?!

Quelqu'un près d'elle vient de gémir. Ne pouvant basculer la tête en arrière, Savage sent pourtant la présence à quelques centimètres de sa tête.

- Abaddon?

La voix connue parvient à sortir le démon de la tourmente dans laquelle il était plongé. Il tente d'ouvrir les yeux mais la lumière des torches fixées au mur l'éblouit. Un douleur sourde a envahi son crâne... Il tente de se prendre la tête entre les mains mais constate rapidement que cela lui est impossible.

Ecartelé sur une sorte de table, les membres du démon sont attachés en croix, aucun mouvement possible. Il tourne la tête vers la droite et constate que le sort de Savage, ligotée au sol, n'est guère mieux.

- Où sommes-nous Savage ?

- Je ne sais pas Abaddon. Logiquement, nous devrions être morts, donc je dirai en enfer, mais il me semble qu'il devrait faire beaucoup plus chaud si c'était le cas. Ces lieux te disent quelque chose ?

Tentant de reprendre ses esprits, le démon examine les lieux, autant que cela lui est possible.

- Pour avoir vécu en enfer de longues années, je t'assure que nous n'y sommes pas. En revanche, j'ai bien peur que le sort qui nous attend ici ne soit guère plus réjouissant. Vois-tu le symbole sculpté au centre du plafond ? Je craint que nous soyons ici dans l'antre du maître du lac... Gurya...

Un bruit de loquet l'interrompt. La porte de leur geôle s'ouvre dans un angle que Savage ne peut voir. Un bruit répugnant de sussions filtre par la porte entrebâillée. A la gauche d'Abaddon, deux créatures semblables à celle qui peuplent le lac viennent de pénétrer dans la pièce, se traînant comme des larves sur le sol rocheux.

Arrivées au niveau de la table sur laquelle Abaddon est attaché, l'une des deux créatures se redresse, lui montrant ce qui lui reste de visage.

- Que fais-tu en ces lieux, démon? dit l'être liquéfié dans un gargouillement.

Obstinément muet, Abaddon sert les poings.

- Parle Démon, ou tu souffriras mille tourments.

Mais aucun mot ne sort de sa bouche. C'est alors que la deuxième créature se met à se mouvoir, approchant à son tour de la table. Rampant sur son congénère, elle parvient à se hisser sur la table et s'allonge de tout son long sur Abaddon. Le corps semi-liquide enlace alors le démon et, dans un baiser funeste, l'étouffe, retenant son souffle et ses cris.

Le corps du démon est secoué par de violents spasmes ; l'air lui manque. Les jambes et les bras d'Abaddon se tendent, son corps s'arqueboute. Il tente de canaliser le reste de ses forces, mais impossible de résister; peu à peu, il sent que son coeur ralentit, que ses muscles s'engourdissent... Dans un dernier élan de survie, il ouvre la bouche et tente d'avaler, au risque de s'étouffer, la bouche qui le prive d'air. Le visage de la créature explose dans une gerbe d'eau.

Le démon pousse alors un énorme soupir en reprenant son souffle sous les yeux médusés de la deuxième créature.

Tandis que la deuxième créature s'apprête à escalader la table dans un bruit de sussions putride, Savage tente tant bien que mal de se retourner. Elle parvient à basculer la tête en diagonal et aperçoit son camarade d'infortune enfourché par l'être. Sentant son sang bouillir dans ses veines, L'ange se rappelle du matin où elle avait mis le feu à sa couche. Concentrant sa colère, elle sent ses mains brûler, embrasant les lambeaux qui les emmitouflent.

Abaddon de son côté tente d'empêcher la créature visqueuse d'avancer vers sa bouche, se cabrant comme un cheval pour déstabiliser son bourreau. Une légère fumée envahit la pièce à mesure que les entraves de Savage se consument. Parvenant à libérer un de ses bras, l'ange enflamme toute les cordes qui la retienne,brûlant du même coup sa chaire et des morceaux de sa tunique. Tirant de toutes ses forces sur ses liens pour les rompre, elle parvient enfin à se libérer partiellement et saute sur la table, afin de pousser la créature, qui tombe sur le sol avec un bruit d'éclaboussure. Avant qu'elle n'est pu l'attraper, L'être se traîne jusqu'à la porte qu'elle claque violemment derrière elle.

Accroupie sur la table, des entraves emmêlées autour de ses ailes, l'ange se penche sur Abaddon.

- Est-ce que ça va?

- Je t'avoue que je me suis déjà senti mieux.

- Sers les dents!

- Quoi? Argh!!!

Penchée sur son bras droit, Savage vient de poser ses mains enflammées sur le lien qui l'attache à la table de torture, le brûlant peu à peu.

- Désolée, dit-elle, avant de se pencher sur l'autre bras.

Elle se penche ensuite plus en avant vers son visage et dépose ses deux mains sur la corde enroulée autour de la gorge du démon. Voyant son visage se tordre de douleur, L'ange se pose ses lèvres sur le front du démon, y dépose un baiser, avant d'entamer l'incantation d'un sort de soin. Une fois la corde réduite en cendre, Savage descend de la table et brûle un à un les dernier lien qui rattache Abaddon à la table.

Enfin détaché, il se redresse et se frotte les poignets encore brûlant.

- Cela me rappelle de vieux souvenirs... ces brûlures...

Il saute de la table et lance un violent coup de pied dans ce qui reste du corps de son premier tortionnaire.

- Je ne sais pas par quel miracle tu as réussi cela mais je t'en serai éternellement reconnaissant Savage. Sans toi, je serai sans doute déjà devenu l'image de ces... créatures et je n'ose imaginer ce que j'aurais bien pu être amené à faire.

Le démon fait le tour de la pièce, recherchant leurs armes, mais rien, aucune trace de leur équipement.

Il ouvre doucement la porte et scrute l'escalier qui démarre derrière.

- Allons-y, il ne faut pas traîner ici, Gurya est capable de tout, et surtout du pire...

- Il me connaît mal, dit l'ange, ténébreuse. Tu as raison, filons d'ici.

Savage emboîte le pas à Abaddon et le suit dans l'escalier. La descente semble durer une éternité, mais enfin il arrive à une unique porte. Collant son oreille contre le battant, le démon entent une multitude de gargouillis, doublés de bruits de flaques. Se tournant vers l'ange, il secoue la tête.

- Si on doit aller quelque part ce n 'est pas par là. Ca grouille de visqueux !

- Mais il n'y a pas d'autre passage... a moins que... J'ai une idée!

Tournant le dos à Abaddon, Savage lui présente ses ailes, encombrées de cordes.

- Tu peux m'enlever ça, s'il te plait?

Laissant le démon libérer peu à peu ses ailes, Savage lui explique l'idée saugrenue qu'elle vient d'avoir.

- Il y a peut-être un moyen d'éviter ses créatures. Tu as remarqué comme le plafond paraissait haut dans la salle circulaire, Si c'est aussi le cas de l'autre côté de cette porte, alors on peut essayer de les esquiver par le haut.
N'entendant pas de protestation, Savage continue.

- Il y a deux problème : est-ce que le plafond est suffisamment haut pour éviter ces créatures, même quand elles se redressent et... est-ce que je vais réussir à te porter.
En réponse à sa proposition, L'ange entend un râle étrange dans son dos. Se retournant brusquement, elle ne peut s'empêcher de sursauter en voyant l'apparence d'Abaddon.

- Tu n'auras pas à me porter, comme tu peux le voir, dit le démon, en agitant deux énormes ailes.
Posant une main redevenue normale sur la joue d'Abaddon, Savage observe ses traits déformés par la haine et la soif de sang. Lui adressant un sourire de remerciement, Savage plonge son regard d'acier dans les yeux sombres du démon, percevant la colère qui bouillonne dans les yeux d'Abaddon.

- Allons-y dit-il d'une voix rauque.

Prenant son élan, il se jette sur la porte la faisant voler en éclat, provoquant un mouvement de panique chez les créatures. Le démon et l'ange déploient alors leurs ailes, rasant le haut plafond à la recherche d'un issue. Les créatures tentent de s'étendre pour les atteindre, se montant dessus, mais heureusement la hauteur les rend inatteignables. Voyant que leur manoeuvres sont impuissantes, les créatures se ruent sur toutes les portes de la pièce et s'entassent de manière à les condamner.

Se cognant la tête contre le plafond rocheux, Savage cherche fébrilement un moyen de sortir de ce pétrin. Sur un des pans de murs se dresse un magnifique vitrail, qu'elle avait d'abord pris pour une peinture.

*Un vitrail dans un endroit pareil? pense-t-elle. Oh et puis zut, par ici la sortie*

L'ange fait signe à Abaddon de la suivre et se rue sur le mur de verre, se protégeant le visage de ses bras. Alors qu'elle heurte le verre, celui-ci éclate en morceau.

Franchissant le passage, Savage et Abaddon s'écroulent sur le sol. La pièce où ils se trouve est illuminée par des centaines de bougies. Contre l'un des murs, siège un trône richement orné dans lequel est assis une silhouette encapuchonné.

Savage se retourne et constate avec étonnement que les créatures ne les ont pas suivis.

Un rire étrange, lugubre, se met à raisonner dans la pièce.
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Abaddon
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MessageSujet: Re: Confrontation au bord de l'eau   Jeu 21 Juil - 9:25

Savage et Abaddon se retournent lentement vers la source du rire. Une silhouette qui se dissimulait derrière le dossier du trône fait son apparition, cachée sous une épaisse cape. Rien ne permet de déterminer la taille où la force de celui qui se dissimule sous le vêtement, mais la puissance qui se dégage de son rire suffit à glacer le sang.

Les yeux ensanglantés du démon s'habituent petit à petit à la faible lumière. Il s'avance lentement vers l'être encapuchonné. Le corps dépourvu de peau d'Abaddon laisse transpirer des petites gouttes de sang qui s'écrasent sur le sol sous le regard halluciné de l'ange.

Il replie lentement ses ailes et se darkredresse, faisant face à l'ennemi.

Leur hôte laisse lentement glisser la capuche sur ses épaules, laissant apparaître un sourire carnassier.

- Content de te revoir Abaddon, surtout si bien accompagné.

Savage se rapproche lentement de son compagnon d'infortune, le regard interrogateur.

- Tu ne m'as pas franchement manqué... - s'adressant à Savage - Je te présente Gurya, le maître de ces lieux, une vieille connaissance...

Savage est absorbé par la contemplation du visage dévoilé par le capuchon. Des traits androgynes dessinent un portrait d'un beauté époustouflante. Le gardien pose successivement les yeux sur le démon puis sur l'ange. Son sourire s'élargit encore, fendant l'harmonie de ses traits.

- Inutile de faire les présentations, Démon, nous nous connaissons déjà elle et moi, n'est-ce pas Savage Léïlo.

Le son de son nom dans la bouche du gardien la fait frissonner. Ainsi prononcé, il semble prendre des accent de mort et de souffrance.

- C'est gentil de ta part de me rapporter mon bien. J'aurais bien réussi à l'avoir tôt ou tard, mais là tu me facilite la tâche.

Le démon s'approche, le regard haineux vers Gurya.

- Comment oses-tu ? N'as-tu pas assez d'âme à ton service ?

Il s'arrête à quelques mètres de lui, la mâchoire légèrement ouverte, dévoilant des dents aiguisées comme des rasoirs. Les muscles du démons se mettent à battre au rythme de son cœur, telles des tambours de guerre.

- Pourquoi t'en prendre à elle, qu'a-t-elle fait pour mériter cela ?

- Pourquoi? Mais regarde la voyons, c'est un morceau de choix! Et puis quel luxe de rajouter un ange à ma petite collection. Qui sait ce que je pourrais faire avec une âme comme la sienne à mon service !

Savage observe tour à tour Abaddon et le Gardien qui s'affrontent.

Depuis leur arrivée dans cette pièce, une mélodie sombre raisonne dans sa tête, semblable à celle qui l'avait ensorcelée quelques jours plus tôt. Peu à peu le froid l'envahit, d'abord aux bouts de ses doigts, puis sur sa paume, puis sur ses avant-bras.

Pétrifiée, l'ange se met à fdarkredonner doucement la chanson qui s'empare de son esprit, se coupant de son environnement.

Un cri la ramène brusquement à la réalité.

- Laisse-la!

- Crois-tu avoir ton mot à dire Abaddon?

Le visage du gardien se durcit, alors que son sourire sadique lui fend à nouveau le visage. Son regard se pose une fois de plus sur Savage qui se remet à frissonner. Un spasme plus violent la secoue et la fait tomber sur le sol.

Les convulsions cessent peu à peu, permettant à l'ange de se relever.

Savage pose son regard sur Abaddon, ses yeux froids comme la glace. Elle s'avance doucement vers le trône du gardien. Alors qu'elle passe devant Abaddon, celui-ci tente de l'arrêter, mais l'ange se dégage de son étreinte et continue sa progression. Arrivée à côté du gardien, elle se retourne et pose un regard plein de haine sur le démon.

- Tu vois Abaddon, elle m'appartiens déjà, à moins que tu n'ais mieux à me proposer.

Le gardien lui lance un sourire gourmand, explicite.

Sans hésiter, le démon s'approche de Gurya. Il s'agenouille devant lui, inclinant la tête en signe de soumission.

- Prends-moi Gurya, prends-moi à sa place.

L'être, conscient de son avantage, regarde le démon l'air condescendant et s'avance vers lui. Posant un pied sur l'épaule d'Abaddon, il le pousse en arrière, le faisant basculer au sol.

- Qu'est-ce qui te fait penser que je suis prêt à un échanger un démon contre un ange !

Prenant la main de Savage, il l'a fait tourner sur elle-même.

- L'as-tu regardée ? Elle est parfaite. Rassures toi, lorsqu'elle sera à mon service, elle restera telle qu'elle est. N'importe quel ange sera prêt à se damner pour s'approcher d'elle.

Le sourire au lèvre, Gurya retourne s'asseoir sur son trône et invite Savage de la main à venir le rejoindre.

Sans une hésitation, Savage vient se placer à droite du trône, une main nonchalamment posée sur son dossier. Son regard plein de dévotion se pose sur le Gardien. D'un claquement de doigts, Gurya lui montre le sol à ses pieds et Savage, obéissante, vient s'y asseoir, frottant langoureusement sa nuque sur les genoux du gardien.

Abaddon se darkredresse, choquer par la scène qui s'offre à ses yeux. La colère embrase tout son être à mesure que l'ange farouche se transforme en chatte domestique.

- Je ne te laisserai pas l'asservir!

Alors qu'il s'apprête à bondir sur le Gardien, celui ci sort de sous sa cape un petit poignard qu'il pointe en direction de la gorge de l'ange. En un instant, Abaddon reconnaît l'arme qui avait dansé devant ses yeux quelques jours auparavant, quand il avait surpris quand il avait surpris Savage au bord de l'eau. La dague de l'ange joue sur la chair de sa propriétaire, son acier contrastant avec le regard gris abandonné de Savage. D'un geste vif, Gurya entame la peau de l'ange, libérant ainsi un mince filet de sang qui court le long de sa poitrine. Le même sourire sournois se dessine sur les visage du gardien et de sa nouvelle esclave.

- Tu va périr de la main de celle que tu as voulu protéger. L'exploit me réjouit, vois-tu. Je vais te tuer sans même que tu oses bouger le petit doigt, car tu n'oseras pas porter la main sur elle... à moins que ce sang ne réveille en toi des instincts diaboliques...

A mesure que Gurya parle, Savage se lève doucement. D'un geste, elle laisse choir sa cape et avance vers le démon, sensuelle. Arrivée à deux pas de lui, elle passe sa main dans son cou ensanglanté et l'exhibe sous le nez d'Abaddon, avivant une soif qu'il croyait éteinte.

Soudain, Savage le gifle, laissant la trace sanglante de sa main glaciale sur le visage du démon.

Abaddon saisit la main qui vient de le frapper et fixe Savage dans les yeux. Tentant d'apaiser sa colère, le démon respire lentement, relâchant petit à petit la pression sur le poignet glacé de l'ange. Son souffle se fait plus lent, petit à petit la transformation s'opère. Quelques secondes plus tard, le buveur de sang n'est plus, Abaddon à repris son apparence humaine.

Défiant Savage du regard, il ouvre sa chemise, laissant apparaître la marque d'Orus.

- Tues moi, Savage, maintenant.

Le regard vide de sentiment, l'ange approche lentement la lame de la poitrine offerte du démon. Elle s'arrête soudain, hypnotisée par le visage tatoué qui s'est mis soudain à pleurer.
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Abaddon
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MessageSujet: Re: Confrontation au bord de l'eau   Ven 22 Juil - 8:53

Observant le visage aux larmes tatouées, Savage arrête son geste. Voyant que son esclave s'est interrompue, Gurya trépigne d'impatience.

- Qu'attends-tu ? Il est à ta merci ! Ramène-moi son cœur.

La mélodie se fait plus forte dans l'esprit de l'ange. Savage plonge son regard dans celui du démon. L'éclat gris de l'iris réapparaît au moment où l'ange laisse tomber son poignard sur le sol.

Elle adresse un clin d'œil malicieux au démon et se retourne brusquement en direction du gardien.
Déployant ses larges ailes, elle bondit dans les airs, mains en avant. Gurya se met à pousser un cri strident au moment où il se rend compte que son pouvoir n'agit plus. A ce terrible signal, les murs se mettent à suinter, à siffler. Les créatures s'infiltrent dans la salle telle une marée funeste et se jettent sur l'ange, l'entravant et l'étranglant de leurs membres visqueux. Une partie des créatures commence à encercler Abaddon.

Hurlant, le démon tente de se rapprocher du trône. Rapidement bloqué, il pousse un cri terrible, se métamorphosant en quelques secondes. Déployant ses ailes, il se jette sur les créatures, les éventrant de ses griffes acérées.

A l'autre bout de la pièce, il entend le souffle de Savage qui se débat face à ses assaillants. Sans hésiter, il se jette sur la créature qui l'étrangle et la fait exploser d'une main. Après quelques secondes, les mains de l'ange sont libérées mais la menace est toujours présente.

Toujours aux prises avec les êtres liquéfiés, il lui glisse à l'oreille.

- Gurya, il faut se débarrasser de Gurya.

Enfin libérée des ses adversaires, la colère à son paroxysme, Savage regarde Abaddon.

- Je m'occupe de ce monstre, je ne sais pas comment mais j'aurai sa peau.

Ses mains glacées, saturées d'énergie se mettent à rayonner comme jamais auparavant. L'ange et le démon se placent dos à dos, se protégeant mutuellement. A coup de griffes, de crocs et de sorts, ils tentent de se frayer un passage parmi le flot incessant de créatures.

Parvenu à quelques mètres du trône, Abaddon pousse un rugissement d'une puissance phénoménale, attirant l'attention sur lui. Profitant de l'instant, Savage bondit sur l'estrade, atterrissant à quelques pas du trône. Le gardien, fou de rage, se rue sur elle et l'attrape à la gorge, la soulevant du sol d'une seule main, démontrant tout son pouvoir. L'ange plaque ses deux mains sur sa gorge et tente de desserrer l'étreinte qui l'étouffe.

- Savage !!!

La voix du démon la rassure, lui apporte une énergie nouvelle. L'ange plonge ses yeux aciers dans ceux du Gardien. Toute beauté a disparu du visage du monstre, ne laissant apparaître que perfidie et traîtrise.

- Crois-tu pouvoir me défier? Crois-tu vraiment que tu peux me vaincre? tu n'es rien, tu...

Sa phrase se termine dans un hoquet de surprise quand il aperçoit que ses doigts, serré dans les mains de Savage prennent la consistance de la pierre.

La main de Gurya se durcit, enserrant toujours la gorge de Savage. Puis c'est au tour de son bras de se pétrifier. Les yeux du gardien s'agrandissent de surprise.

- Par quel Maléfice... c'est impossible... Monstre!!!

Les yeux de Savage se durcissent encore en entendant les mots du gardien. Le corps du gardien se pétrifie encore d'avantage.

- Abaddon vite!!!

Savage, toujours suspendue au bout du bras de pierre du gardien, commence à suffoquer. Ses mains plaquées contre la peau calcaire de Gurya, elle tente de continuer le processus de pétrification, mais le manque d'air l'affaibli.

- Abaddon...

Détournant son attention des créatures, le démon se jette sur Gurya. Il tente de lui faire lâcher prise mais rien n'y fait. Il a beau tirer sur le bras mais rien ne se passe, les doigts restent crispés, refermés sur la gorge de l'ange.

Poussant un hurlement de colère, Abaddon se jette sur les jambes de Gurya, le déséquilibrant.

Se sentant basculer, il rugit, désespérer.

- NOOOOOOOOONNNNNNN

Dans un bruit sourd, le corps de Gurya s'effondre au sol, explosant sous le choc, relâchant ainsi son emprise sur Savage

Au moment où le corps pétrifié de Gurya se brise, les créatures fondent comme de la neige au soleil, libérant les âmes qui prisonnières en elles. Abaddon tombe à genoux à côté de Savage, reprenant sa forme familière.

L'ange tente de reprendre son souffle, toussant et inspirant goulûment l'air.

Le soulagement se lit sur le visage des deux compagnons. Posant sa main sur la joue d'Abaddon, Savage lui fait un sourire franc, puis dépose un baiser sur son front.

- Merci

Le démon a un brusque sursaut et rejette la main posée sur son visage.

- Tes mains sont brûlantes !!!

Le rire morbide du Gardien raisonne dans la pièce, émanant de ce que reste de sa bouche.

-Créature infâme, je te maudit pour la fin des temps. Tu t'es servi de tes mains comme des armes, elles resteront ainsi, mortelles. Jamais tu ne pourra poser la main sur quelqu'un sans le brûler ou le glacer, le pétrifier ou le liquéfier, le...

- NONNNN!!!

Abaddon se redresse et piétine violemment le fragment de bouche qui vient de lancer la malédiction. Son regard se porte ensuite sur l'ange assise sur le sol

Il se rapproche d'elle et essuie de la main une larme qui coule sur sa joue.

- Nous trouverons une solution, à chaque malédiction correspond un remède. Je trouverai ce qu'il faut faire, j'irai en Enfer s'il le faut mais je tr...

Un grondement ahurissant empêche l'ange d'entendre la fin de la phrase. Les murs de la salle se mettent à trembler, se fissurer. Des énormes dales de pierres tombent au sol et explosent dans un vacarme assourdissant.

A la surface, le lac se vide de son liquide dans des hurlements terribles. Les forets aux alentours semblent s'être vidées de vie, plus rien ne bouge. Les esprits des créatures enfin délivrées s'envolent dans les airs.

Le démon tente de trouver une issue mais les murs sont devenus flous, impossible de s'enfuir, même la porte a disparu. Abaddon n'en crois pas ses yeux. Dans un ultime réflexe, il se jette sur Savage et tombe au sol avec elle, évitant de peu une pierre tombant du plafond. Il s'allonge sur elle, la protégeant de son corps.

Le plafond se tombe peu à peu en morceaux au-dessus de leur tête, les murs se mettent à vibrer comme des diapasons sous la violence des chocs.

- Abaddon relève-toi, il faut trouver une issue !

- Oui mais par où ?

Alors qu'ils tentent de se relever, Le sol se met à vaciller sous leur pied. Les dalles se dérobent, tombant dans un gouffre sans fond, les entraînant avec elle. Les ténèbres les envahissent tandis qu'ils hurlent mutuellement leur nom! Incapable de se stabiliser dans leur chute, ils se sentent tous deux sombrer, entourer par les ombres et le silence

- HAAA!

Abaddon ouvre soudain les yeux, se redressant à la recherche d'un bouffée d'oxygène. Essoufflé comme après une course, il découvre, haletant, le paysage qui l'entoure. Il se trouve au cœur d'un cratère béant, le sol humide est couvert de moisissure. A quelques pas de lui, Savage est allongée, encore inconsciente. La brume matinale l'empêche de voir plus loin.

Il se relève, sentant chacun de ses muscles douloureux comme après une journée de bataille. Alors qu'il s'appuie sur le sol, sa main rencontre un objet froid et tranchant. Suivant le fil, il atteint bientôt une garde, qu'il empoigne vigoureusement. Dégageant l'arme de la vase, il découvre l'épée d'Orus, maculée de boue.

Fouillant la terre moisi du bout des doigts, il trouve bientôt son fourreau, ainsi que le reste de son équipement, gisant dans la vase. Un mouvement proche attire son attention.

Savage reprend lentement conscience. Son regard étonné se promène sur les lieux insolites. Apercevant Abaddon, elle lui sourit, la joue droite maculée de boue.

- Où sommes-nous ?

- J'ai l'impression que nous sommes au fond du lac. Il semble s'être tari au moment où le Gardien est mort. Est-ce que ça va Savage?

- Je crois répond-elle en regardant ses mains.

Ramassant leurs affaires, les deux compagnons escaladent les parois glissantes du lit. Arrivés au sommet, ils découvrent abasourdis les berges vertes baignée de soleil. Le chant d'un merle les transporte dans un autre monde. Après un moment d'hésitation, Savage s'approche d'Abaddon.

- Je tiens à te remercier. je ne sais pas comment j'aurais fait sans toi dit-elle gênée

- Sans moi, tu ne serais jamais venue dans un tel endroit. ..

- Et j'aurais sombré sans m'en rendre compte. Je te dois la vie et c'est une dette que je ne pourrais jamais rembourser.

- Ne dis pas de bêtise, voyons!

Un sourire se dessine sur son visage. D'un geste amusé, il pose un doigt boueux sur le nez de Savage, y laissant une trace marron.

- Allons dans une auberge pour nous décrasser.

Savage acquiesce d'un signe de la tête. Crasseux, mais en vie, le démon et l'ange se dirige vers la ville la plus proche, le sourire éclairant leur deux visages.
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